Franchement, je n'aurais jamais imaginé que Gomez puisse un jour injecter une telle dose de technologie moderne dans sa solution sonore. Enfin, pas à ce point, puisque si dans le passé le quintette avait eu recours à l'un ou l'autre gadget électronique, il faut avouer que tout au long de " In our gun ", il a mis la gomme. Avec d'excellents, de bons et de moins bons résultats. En fait, le quintette a conservé pour formule basique son mélange de funk, de britpop, de folk, de punk, de soul, de country, de rock, de blues et de psychédélisme. Il l'a même enrichi de cuivres. Et il peut toujours compter sur trois chanteurs, dont un Ben Ottewell doué d'une voix savoureuse ; une voix dont le timbre rocailleux campe un hybride entre celui de Tom Waits et d'Otis Redding. Une véritable corne d'abondance que le groupe a délibérément décidé de cuisiner à la sauce contemporaine (NDR : pour ne pas dire techno !). Les rares titres sculptés dans la ballade intimiste, constituant les exceptions qui confirment la règle. Le douloureux " Sound of sounds ", tout d'abord. " 1000 times ", ensuite. Ce dernier glissant même progressivement au sein d'un climat semi-acoustique à caractère 'Remesque'. L'énigmatique et hanté " Miles end ", enfin. Valse country alternative, le morceau maître vire ainsi dans la techno musclée d'un Prodigy, au beau milieu du fragment. Funk déjanté, enrichi de percussions métalliques et parcouru d'un clavier kitsch, " Ruff stuff " frôle l'univers d'un Beck. Des claviers kitsch qu'on retrouve sur le reggae industriel " Army dub ". Des effets technologiques dispensés à des doses diverses, mais le plus souvent avec bonheur. A l'instar d'" Even song ", piqué de cuivres sous Morphine. De " Rex Kramer ", dont le groove est littéralement allumé par la slide caoutchouteuse. Ou encore de " Shot shot ", caractérisé par ses riffs de guitare trempés dans le delta blues et galvanisé par un saxophone presque free jazz. Reste trois titres, allègres sans doute, mais dispensables, sans aucun doute.

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