En plus d'être l'auteur comblé de deux albums remarquables sous le pseudonyme de Faultline, David Kosten a aussi du flair pour dénicher les perles rares. Après avoir produit l'album de Ben Christophers, le voilà qu'il récidive avec celui de Jacob Golden, inconnu de tous à l'heure actuelle, mais sans doute plus pour longtemps. Car le jeune homme a du talent, sorte de Tom McRae nappé d'électro savoureuse mais réservée, d'Ed Harcourt battant sa coulpe folk-rock en priant Saint Roland, patron des amateurs de synthés et de laptop. Avec David Kosten aux manettes, Golden n'a en tout cas aucun souci à se faire (il apparaît d'ailleurs sur un titre du dernier Faultline)… Sa renommée est même sur une très bonne voie : celle des songwriters épaulés par des metteurs en sons pas frileux, qui osent marier les beats et les guitares, les envolées lyriques et le plancher des vaches (un peu folles). Dommage que Golden s'enlise parfois dans la surenchère. Car sa voix haut-perchée ne fait alors vibrer que les aiguilles V.U., pas notre corde sensible. Ainsi, d'habitude passionnées, habitées, ses chansons douces se transforment en ‘hallelujah(s)’ (le titre), un brin pénibles. Des chansons à sacrifier au plus vite sur l'autel de la jeunesse, cet âge où l'on croit tout savoir. N'empêche, cet " Hallelujah World " reste une fameuse surprise, et un très bon album. Que le nom de ce Jacob Golden soit sanctifié !

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