Encore un groupe new-yorkais! Tirez les rideaux, baissez l'intensité de la lumière et calfeutrez-vous au cœur de la paranoïa, de la concupiscence et de la peur : voici Interpol. Trêve de plaisanterie. Interpol c'est avant tout un quatuor totalement intoxiqué par les eighties. Son attitude. Son image. Et surtout sa musique : new wave, post punk et bien sûr cold wave. Dans le désordre on y décèle pour influences majeures Wire, les Smiths, Echo & The Bunnymen, les Chameleons, le Sound, Bauhaus et prioritairement Joy Division. Et s'il faut admettre que le résultat n'est pas très original, il a le mérite de communiquer de bonnes vibrations. Auxquelles je ne suis pas insensible, je dois l'avouer. L'atmosphère blême, brumeuse, douloureuse de leur musique est entretenue par la densité des guitares, le drumming hypnotique, robotique, la basse élégante et le vocal clinique, sinistre, glacial, monocorde de Paul Banks, qui doit certainement rêver nuit et jour de Ian Curtis. Des guitares qui peuvent même pulser avec une énergie nerveuse décapante, scintillante. A l'instar de " Untitled " ou encore de " The new ". Et les neuf autres fragments ne sont pas en reste. " Say hello to the angels " sous-entend " Hello les Smiths" en adressant un clin d'oeil aux Strokes. "Hand away" baigne au sein d'une solution sonore céleste, digne d'And Also The Trees", alors que "NYC" accomplit une valse lente, triste, à travers la cité malade. Bref, un album qui a défaut d'être orignal a au moins le mérite d'être (très) efficace…

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