Choisir pour patronyme de son groupe Zalem et intituler son album « Stigma » sont des signes distinctifs de désenchantement. Aussi, avant d’écouter cet opus, je m’attendais à me plonger dans une œuvre ténébreuse plutôt que d’écouter de belles ballades ensoleillées. Et effectivement, la musique de Zalem n’émarge pas à la pop, mais au post-rock voire au post-métal.
Influencée par des formations telles que Neurosis (surtout sur « Hypnotic Oblivion »), Isis et dans une moindre mesure Explosions in the Sky, la formation française démontre, tout au long de cet opus, une parfaite maîtrise du style. Zalem développe des morceaux conséquents (de 7 à 32 minutes), pas vraiment originaux mais bien construits en de longs crescendos. Les arpèges se superposent lentement. La tension monte progressivement, avant d’exploser en de multiples déflagrations électriques. Hormis sur le dernier morceau, pas de chant. Une piste qui dépasse la demi-heure et se mérite. Car, ce n’est qu’après avoir écouté cette plage qu’on se rend compte de l’ampleur de l’architecture. Mais si la structure d’une majorité de tracks est irréprochable, certains d’entre eux tirent inutilement en longueur. Alors l’édifice sonore de ces ‘bâtisseurs’ devient branlant, à deux doigts de s’écrouler. C’est très perceptible sur « Missing ». La parfaite maîtrise de son sujet n’est pas toujours suffisante…

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