R.J est un des harmonicistes les plus doués de sa génération. S'il a établi aujourd'hui ses pénates à San Francisco, il a entamé sa carrière à Minneapolis. Il y déjà plus de vingt ans. Il y a signé tous ses premiers albums ; et en particulier son elpee initial, "Ready to go!". En 92. Un disque pour lequel il avait reçu le concours du Kid (Teddy) Morgan Blues Band et de Percy Strother. Il y commet encore "Gonna rock tonight". En 94. Il fonde ensuite son Red Hot Blues Band. Tous ses derniers albums sont sortis sur le label allemand Crosscut : "Rough 'n' tough" en 96, "Cool disposition" en 97, et "West wind blowin" en 99.
" Meet me on the coast " est issu de différentes sessions. Six plages ont été commises au studio Wally Sound de Berkeley, en Californie. Puis mixées dans notre plat pays, à Houthaelen très exactement, sous la houlette de Marc T. On y retrouve les musiciens qui côtoient habituellement R.J : son ami Jeremy Johnson à la guitare, Marc Carino à la basse, Robi Bean aux drums, Bob Welsh au piano et notre Marc T à la guitare. Les autres plages ont été enregistrées au studio Goldmine, à Ventura. R.J. et Frank 'Paris Slim' Goldwasser en assurent la production. Frank y prend même une part active dans l'instrumentation. Et pour quatre plages, Junior Watson se réserve les guitares, John Juke Logan l'orgue, Ronnie James la basse, et Eddie 'le cheyenne' Clark la batterie.
R.J chante un curieux "Put you down", les intonations de Marc T dans la voix. Le climat funky repose sur un riff pas vraiment éloigné de Magic Sam et son West Side sound. La paire Mischo et T s'attaque au "Take it easy" de Sonny Boy Williamson II. La guitare est nerveuse. Elle déverse des flots de notes avec parcimonie. Le solo est très bien construit. R.J qui a très bien compris le message, reste sur la défensive. Un excellent exercice de style très respectueux du titre original. L'adaptation du "Passing by blues" de Howlin' Wolf Blues est un autre blues classique. Mischo a écrit "Funky room" dans l'esprit le plus radical du Chicago blues des fifties. Tout est parfaitement mis en place. La section rythmique est solide, mais discrète. Le piano de Bob Welsh efficace. La guitare de Marc bien amplifiée, réverbérée. L'envol à l'harmonica sublime. Digne de Sonny Boy. Du blues comme on aimerait en entendre au quotidien. Susceptible de vous débarrasser du stress ! "You can lie to me" prend un faux départ. Ce titre me fait un peu penser à "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy I. Mais, c'est ici qu'on se rend compte que Marc T à la main mise sur la mise en forme. Et le confirme tout au long "Don't cross me". Si la ligne de basse est intéressante, c'est Fillmore Slim qui lacère les cordes de guitare. Du vécu ! Les sessions de Ventura se distinguent par un son plus propre. La finition est volontairement plus léchée. Ce qui n'empêche pas les deux formules d'atteindre des résultats plus que convaincants. En soufflant dans l'instrument chromatique sur "Old nightcat", R.J. prouve que sa fixation californienne n'est pas usurpée. "You think I'm lying?" marque un changement le style. La production communique de la puissance au son. James et Clark échafaudent une section rythmique de plomb. Juke Logan est à l'orgue. R.J chante avec autorité. La puissance sonore se communique au jeu de l'harmonica. L'homme semble disposer de quatre poumons. Et si Junior Watson est bien présent, il se limite à la rythmique, accentuant ainsi l'intensité dramatique de l'ensemble. Impressionnant! "My baby she's got it" de Slim Harpo campe un rock'n'roll foudroyant. Dommage que cette plage victorieuse soit si courte (1'36"), parce que déménager plus que ça, tu meurs!!! Le funky et exotique "One good woman" est une autre plage qui s'impose par sa force rythmique. Mischo chante divinement de sa voix un peu poussée. La plage titulaire est un slow blues. Le jeu de R.J est ici inspiré par Little Walter et toute la cohorte des grands harmonicistes blancs de la West Coast. Watson vient confectionner un court solo dans son style inimitable. R.J fait étalage de tout son savoir-faire, de toute sa technique, sur l'instrumental saignant "Bobsledding". Un fragment qui se fond dans "My muddy story". Les cordes de Paris Slim impriment un rythme très enlevé à cette chanson qui relate la première rencontre entre R.J et Muddy Waters. "Lucky that's me" est une composition très funky. Dans le passé, elle aurait pu être enregistrée par le Paul Butterfield Blues Band. "I'm your sideman" est taillé dans du Chicago blues soutenu. Le chant colle à ce style de manière indélébile.Les guitares de Junior Watson et de Paris Slim s'autorisent, à leur tour, un billet de sortie. Ronnie James prend son pied sur sa basse au son lourd. La fin de l'album nous réserve un titre acoustique : "I'll take the whole thing" ; une plage illuminée par l'harmo lumineux de Mischo, sur laquelle on retrouve Paris Slim, Ronnie James et Eddie Clark. Excellent!

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