" Evil heat " constitue le sixième opus de la bande à Bobbie Gillepsie. Un disque sur lequel on retrouve Andy Weatherhall, aux manettes, fonction qu'il n'avait plus remplie depuis " Screamadelica ", c'est à dire leur troisième album. Et il n'est pas le seul à avoir participé à la mise en forme, puisque l'ex My Bloddy Valentine, Kevin Shields, se réserve également une part de la production. En sus des parties de guitares, qu'on reconnaît facilement à leur style abrasif, qu'il dispense sur le garage/punk musclé, au groove hénaurme (MC5 ?), " City ". Un mode sauvage emprunté également par " Skull X ". Et pour tout savoir sur les invités, sachez que Robert Plant est venu souffler dans un harmonica sur le blues électronique, venimeux, " The lord is my shotgun ", défoncé par des riffs électriques, comme seul le Plastic Ono Band était parvenu à le faire, à l'époque de " Cold turkey ". Ex Jesus & Mary Chain, Jim Reid assure le chant pour un autre blues venimeux, mais plus sauvage et sensuel, un peu comme le groupe mythique écossais était capable de nous délivrer. Et enfin la top model, Kate Moss, assure les vocaux sur la cover du " Some velvet morning " de Lee Hazlewood, qu'il avait interprétée il y a des lustres, en compagnie de Nancy Sinatra. Si cette plage constitue un clin d'œil à Nico, elle épouse surtout une forme de PJ Harvey technoïde. Une référence au Velvet Underground qu'on retrouve sur le psychédélique et ténébreux " Deep hit of morning sun ". Et on n'est pas au bout de nos surprises. Viscéral, sauvage, " Rise " pioche dans l'univers de PIL, alors qu' " Autobahn " (NDR : cherchez l'erreur !) renoue avec le krautrock de Kraftwerk et de Neu. Plus infernal, le single " Miss Lucifer " capte l'énergie du punk avant de la recycler dans la musique électronique. Et pour ne pas oublier que Weatherhall est bien de la partie, cette plaque réserve une plage instrumentale, dont la ligne mélodique pourtant claire, presque champêtre, est resculptée dans la house par une basse dub. Du grand art !

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