Il y a deux ans, Fool’s Gold frappait un grand coup, en publiant son premier opus. Un disque éponyme au cours duquel la formation était parvenue –avec pas mal de classe d’ailleurs– à agréger rythmes éthiopiens et sonorités hébraïques, sur des structures chères au krautrock teuton. Réunissant une dizaine de membres, le collectif californien (NDR : établi à L.A.) impliquait alors des musiciens de Foreigner, la star latine Erica Garcia et l’ex-drummer de We Are Scientists…
Leur nouvel elpee a été enregistré sous un line up bien plus classique. Cinq musiciens drivés par le duo fondateur Luke Top (voix et basse) et Lewis Pesacov (guitare). Les compos figurant sur « Leave no Trace » sont bien plus rock que sur le précédent elpee. Moins originales également. En outre, elles sont interprétées dans la langue de Shakespeare et plus en hébreu. Une version alternative du titre maître, rebaptisée « Sans Laisser de Trace »), l’est même dans celle de Molière.
Ces changements sont-ils la conséquence d’une volonté de rendre leur expression sonore plus commerciale ? Avouons-le, on s’en fout un peu ; pourvu que le résultat soit à la hauteur. Et il l’est manifestement ! Luke Top se révèle ici excellent chanteur. Sa voix est même proche de celle de Nick Urata (Devotchka). Et tout particulièrement sur « Leave No Trace » et « The Dive ». Elle porte même littéralement les morceaux. Et pas seulement ceux qui ont revêtu un format moins répétitif, donc rock, mais aussi sur les plages hantées par les sonorités africaines, dans l’esprit Talking Heads voire des Clash (« Wild Window »). Fool’s Gold signifie ‘Attrape-nigaud’ ; et c’est loin d’être le cas pour ce « Leave No Trace », qui flaire plutôt la bonne affaire !

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