" Beatin' the boogie " constitue la deuxième collection concoctée par le Docteur, pour le label Virgin! Une pose une nouvelle fois, un regard très blanc sur le boogie et le blues. Mais connaissant notre praticien, il ne fait aucun doute qu'il passera au black quand il le pourra! 18 titres nous entraînent dans un voyage qui nous emmène aux antipodes, en Europe, au Canada et bien entendu aux USA.
Pour retirer sa carte d'embarquement, il faut bien entendu passer par le Canned Heat de rigueur. Face B de "Time was", single paru en 1969, "Low down" nous la procure. Un boogie dévastateur dominé par la voix puissante de Bob "The Bear" Hite et fouetté par la guitare super déjantée de Sunflower. John Hammond maintient haut le flambeau du boogie, tout au long de la reprise speedée du "I hate to see you go" de Little Walter. Et c'est Duke Robillard en personne qui le double à la guitare. " Cold Blue Steel " nous entraîne plein sud. Sur la route du Mexique, au Texas, vers Dallas très exactement, pour un roots rocker très entraînant. Un rock'n'roll magistral alimenté par la superbe voix acérée de Bill Carter et la guitare toute en rythme du Maître Jimmie Vaughan. Un fragment qui remonte à 1989. Le trio hirsute Z.Z Top est également texan. Il nous le démontre tout au long de "Mushmouth shoutin". Imprimé sur un tempo modéré, ce superbe blues remonte à 1972. Tout y est ! La voix caverneuse de Gibbons, l'harmonica et le rythme! Johnny Winter crie également son meilleur blues sur "If you got a good woman". Billy Branch est à l'harmo. Le bonheur! Le meilleur swamp rock d'Austin appartient à "Rock'n'roll till the cows come home" de Don Leady. Il est flanqué de ses Tail Gators, parmi lesquels on retrouve Keith Ferguson à la basse. La parenthèse californienne nous vient des Paladins et de Los Lobos. Les premiers pour un instrumental, tendre, doux et jazzyfiant, intitulé "Re"Jive"Inated". Les seconds lors d'un "That train don't stop here", à la forte densité musicale. Le jeune Sean Kennedy est une des révélations de cette collection. Il est basé à Santa Cruz. Et il est capable de sortir de ses cordes et de son ampli un son complètement pourri. Il le démontre sur son "Ball & Chain". Il n'est guère possible de trouver une guitare qui sonne plus métallique que la Flying V de Link Wray sur "Some kinda nut". Tom Waits a toujours été un artiste hors norme. Il mérite assurément sa place ici. Et le démontre sur le saignant "Union Square". Une composition qui date déjà de 1985, rehaussée par la participation de Larry Taylor et de Keith Richard, à la section rythmique. Le blues band canadien le plus connu est incontestablement le Downchild Blues Band. Drivé par le guitariste Don Walsh, cette formation est active depuis trois décennies. Elle est représentée ici par le remuant et cuivré "When I say jump". Côté anglais, écossais devrait-on préciser, Tim Elliott et son Blues & Trouble rendent un hommage appuyé au Docteur avec "Dr Boogie". Tim revient un peu plus tard en compagnie de ses Troublemakers pour interpréter l'extraordinaire "Barkin", un morceau extrait de leur album paru l'année dernière. "Worried about my woman" est un clin d'œil adressé au British Blues Boom d'autrefois, par Stan Webb et son Chicken Shack. Une chanson que Stan, fervent adepte de Freddie King, chante avec conviction. Cette collection boogie se referme par les inquiétants et indéfinissables australiens de Cruel Sea et par le charmant et sympathique français Raoul Ficel, alias Philippe Coudougnan, qui nous concède un souriant "Oh Lulu". Continue Walter!

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