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dEUS - 19/03/2026

Métamanoir

Écrit par - Akim Serar -

Diane ?

Je me trouve dans les (hauts) bois qui entourent Twin Peaks.

La nuit est d’encre, comme un café sans lait.

Un murmure s’élève au dessus des Douglas Firs, ces majestueux arbres qui bordent les rêves étranges de cette région magnifique.

Un murmure que n’aurait pas renié Julie Cruise, du reste.

Puis la musique s’envole comme un souffle et fait danser les tentures rouges.

Il y a toujours cette musique dans l’air.

Un saxo, des clarinettes, un peu de guitare distordue grésille, quelques incursions electro du meilleur effet, et surtout, oui, surtout une ambiance.

Feutrée comme le velours, profonde comme le chagrin inhérent aux êtres qui rôdent par ici.

Le Dale Cooper quartet est composé de trois membres. Paroxysme ? Peut-être. Mais Laura Palmer m’a confié elle-même que parfois les bras lui en tombent.

Alliés au Dictaphones, ils tanguent entre Jazz et ténèbres, entre Trip Hop et spleen bleuté, tout en brassant large dans moult genres. En ressort une musique atypique, belle et enivrante.

Là-bas, à Brest (dont est originaire cet ensemble), comme ici à la frontière du bien et du mal, dans les brumes du matin naissant, le mal se camouffle sous l’apparence du quotidien, du banal, du commun.

Ici, sur cette plaque, reste gravée la mémoire des esprits.

Ici, cette plaque grave ses sillons dans nos esprits.

Un autre monde ou bien le même, vu à l’envers.

La silhouette d’Audrey Horne se balance au long de ces neuf titres et je m’agrippe pour ne pas sombrer.

Mais il est déjà trop tard.

‘Run away’ me dicte une voix (« Eux Exquis Acrostole »).

En vain. Derrière les tentures, le même décor revient sans cesse.

Une Vénus de marbre, un carrelage qui zigzague, des personnages inquiétants, des bruits, des flashes de lumière, du maïs…

Un univers étrange et cotonneux, parfois faussement apaisant, souvent troublant et inquiétant, en symbiose parfaite avec celui de David Lynch.

Des titres qui résonnent comme autant d’énigmatiques rêves (de « Une Petit Cellier » à « Il Mélodieux Manoir »).

Ce disque est un mystère, un rébus, et surtout un somptueux manifeste de l’étrange.

 

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