Dans l’art de créer des compilations inutiles, Béatrice Ardisson est passée maîtresse. L’ex-femme de l’animateur du même nom nous avait bien déniché quelques perles aux premières heures de sa saga « La Musique de Paris Dernière ». Aujourd’hui, la Parisienne se contente de fournir un travail que même le plus gauche des mélomanes peut effectuer de chez lui, s’il a du temps à perdre, à l’aide d’une simple connexion internet. Après Claude François, Indochine, David Bowie et Bob Dylan, les Beatles sont les cinquièmes artistes à faire l’objet d’une compile estampillée « Mania ».
« BeatlesMania » réunit 36 morceaux répartis sur 2 disques. Le premier, intitulé « Yesterday », est consacré à des reprises classiques et intemporelles des morceaux de Lennon et co, interprétées par des Nina Simone, Ella Fitzgerald, Al Green, Fiona Apple ou Caetano Veloso. Les 16 titres de cette première partie sont enchaînés de manière tout à fait conventionnelle et sans grande logique.
Le second disque, « Tomorrow Never Knows », propose 20 artistes contemporains s’essayant au même exercice. Certainement considérées par Béatrice Ardisson comme originales et/ou décalées, les reprises immortalisées sur ce second volet le sont assez rarement. Bien au contraire, certains des choix de la compileuse impulsive sont souvent banals (MayDay, Eckman, Poom, Girl from The Castle) et même parfois affligeants de nullité (Tamara Kaboutchek, Marshmallow, Minuscule Hey, Rubblebucket Orchestra). Allez, on lui accorde quelques points positifs quand même (Lampshade, Kid Francescoli, The Konki Duet, The Performers et CIRC), mais il en aurait fallu bien plus pour faire de « BeatlesMania » une compilation valant un quelconque détour.

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