Cette formation namuroise nous avait livré une démo prometteuse l'année dernière. Ce début officiel est réellement accrocheur. Buttnaked nous présente deux guitaristes solistes qui se partagent tout au long de l'album soli et vocaux. Marc Bodart et Patrick Louis s'acquittent parfaitement de cette mission. Marc a la voix frêle fine, très musicale, qui se manifeste tout en sensibilité. Patrick possède une voix plus soul et chaude. Composée du bassiste Miguel Pumares et du batteur Georges Triantafylou, la section rythmique est solide. Elle porte avec pugnacité les deux solistes. Oeuvre de Luke Alexander, la production est impeccable. Pour celles ou ceux qui l'ignorerait, Luke est également le guitariste de Last Call et un ancien Electric King!
Marc chante les deux premières plages. Une entrée en matière fort bien ciselée. "Cool cool woman" libère un maximum de punch. Les guitares semblent légères mais font mouche. Elles s'échangent différentes salves tout au long des 4 minutes. Marc embraie par un "Far from home" au tempo moyen. La guitare est trafiquée, laissant échapper un son torturé. L'effet incombe, sans doute, à Luke Alexander qui avait déjà employé cette formule sur le dernier album de Last Call. Patrick vient chanter "Going to my baby's house", sur un rythme de mambo tissé par Triantafylou. Ex Electric King, Big Dave souffle de bien jolies phrases sur son harmonica. Ce rythme des îles se retrouve sur "Travelling shoes", prétexte à de superbes lignes de guitare. Sur un rythme de chemin de fer, les deux chanteurs s'échangent les vocalises sur "Somebody tell that woman" de Willie Dixon. "Night life" est une composition plus aventureuse, aux accents jazzy prononcés par le piano de Vincent Bruyninckx. La guitare sur le fil du rasoir se fait l'écho d'un certain Santana. Quand Marc Bodart commence à chanter "Right from wrong" quasi a capella, on peut mesurer la justesse de son chant. La guitare s'évade en nous rappelant le fantôme d'un Peter Green d'une époque déjà si lointaine. Excellent! Buttnaked consacre sa 2ème reprise au très célèbre "Got love if you want it" de Slim Harpo. Une occasion idéale pour retrouver les phrases enflammées de Big Daven, face à la puissance rythmique. Big reste très inspiré pour ponctuer le lent "Three cats" et introduire une de ses meilleures interventions aux cordes, qui libèrent ici un son nettement plus sale et gras!! Patrick attaque d'une voix bien mâle une nouvelle version de "Going to my baby's house". Une adaptation très funky qui démontre la réelle envergure de la section rythmique. L'apparition de Mr Spring Blues, Pierre Dejeneffe, est une bonne surprise. Inventif sur son harmonica, cet élève doué de Big Walter Horton consacre une finale très roots. Bravo à Buttnaked, car cet album est une réussite sans faille. Suffit de prendre le temps de l'écouter!

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