Raoul Ficel incarne le blues du sud-ouest français. Raoul, alias Philippe Coudougnan, compose, chante, joue de la guitare et de l'harmonica. Il est secondé par la contre bassine, composée d'une unique ficelle, de G. Le Brouc. Hop Pepino se réserve les claviers tandis que l'harmoniciste suisse, Little J.C Bovard, assume la batterie. Le groupe a déjà quelques années de galère à son passif. Mais je ne lui connais qu'un seul album à son actif : "Goodtime Blues". La formation est passée par la Belgique, il y a quelques années. Au cours d'un week-end épique, qui s'est déroulé autour de la ville de Tournai. Depuis, Bo Weavil et son roots blues à ras de terre a pris la tête de l'étendard tricolore.
Raoul Ficel observe une démarche fort proche, sans concession. Une démarche inspirée par le Chicago Blues de la fin des 40s, début 50s ; un regard appuyé vers le sud, les sources, les racines du Delta. Tout leur blues est construit au sein de ce climat sans fioriture, mais avec tellement d'authenticité qu'il en devient saisissant et nous touche jusqu'à la moelle.
Boogie chanté en français, "Oh Lulu" nous plonge de suite dans ce climat raoulien. "Pas tout juste" se trémousse dans le Southside de Chicago. L'harmo est puissant, le son du piano vieillot. Le fantôme de Sunnyland Slim passe devant nous. La rythmique est lourde, très 1er degré, mais tellement efficace. Génial ! Même schéma mais en rythme pour le Maxwell street shuffle, "You give me the blues", une compo écrite en réalité par le louisianais Lightnin' Slim. Le "Road of love" qui donne le titre à l'album est issu de la plume de Clarence Carter. Une attaque primaire conjuguée avec un clin d'œil au Memphis Blues. Hot Pepino secoue son orgue. Raoul se concocte un solo lancinant sur les cordes. Le même effet se produit sur "I'm gonna keep what I got" de Slim Harpo. Raoul ne doit rien à ses potes parisiens de Bo Weavil. Et la suite en apporte la plus belle preuve ; que ce soit en anglais ("Ain't got time to love") ou dans la langue de Voltaire. Ainsi la voix fait merveille sur le dépouillé "J'peux plus dire", le vigoureux "Laisse-moi" et le blues rocker qui arrache "J'peux plus me passer de toi" ! En fin d'album, il rejoint l'univers de Howlin' Wolf, à travers "Don't cry mama". Un excellent album en couleurs bleu, blanc et rouge…

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