Aussi surprenant qu'excitant, ce dernier opus de Buddy Guy manifeste son retour vers le Sud profond ; et plus précisément vers le pays des collines du Nord du Mississippi. La ville d'Oxford doit bien vous dire quelque chose… Fat Possum, vous connaissez? "Sweet Tea" aurait pu s'intituler "Buddy Guy chante Fat Possum". Sept des neuf plages émanent de la plume d'artistes appartenant à ce label. Et en particulier Junior Kimbrough, Robert Cage, T-Model Ford et Cedell Davis.
Personnellement, j'estime que cet album est remarquable. Probablement un des meilleurs de Buddy depuis bien longtemps. Il est entouré du guitariste rythmique Jim Mathus, des Squirrel Nut Zippers, et d'un bassiste d'Oxford qui répond au nom de Davey Faragher. Les percussions sont partagées entre le vétéran Sam Carr, Spam du T-Model Band et l'ex-Attractions d'Elvis Costello, Pete Thomas. Nous assistons bien à un retour de Buddy vers le Sud. Et pas seulement parce qu'il est né en 1936, en Louisiane.
"Sweet Tea" s'ouvre par le "Done got old" de Jr Kimbrough. Une plage acoustique au cours de laquelle la voix de Buddy est bien mise en avant. Un peu comme s'il voulait nous mettre dans la confidence. Même si elles appartiennent au répertoire de Kimbrough, les 1ères notes de "Baby please don't leave me" nous plongent dans l'univers de Fat Possum. Les percussions sont lourdes, mises à l'avant plan ; mais la guitare est bien celle de Mr Guy. Elle vit, bouge et se trémousse. Il est incontestable que Buddy a largement influencé Jimi Hendrix, au cours des 60s. Il revisite encore 2 autres plages de Junior. "Stay all night" tout d'abord. Et puis "I gotta try you girl". Un long trip hendrixien entouré de mille démons. Les percussions constituent un pilier majeur de cet album. Sèches, implacables, elles édifient une rampe de lancement rêvée pour l'artiste. Quelques moments superbes et décapants défilent. : "Look what all you got" et le shuffle extraterrestre, "She's got the devil in her". Sa vision du "Tramp" de Lowell Fulsom est terrifiante. Les cordes sont en perpétuel dérapage contrôlé. Buddy maîtrise la manœuvre et réalise un travail extraordinaire sur le sujet! "Sweet tea" s'achève par "It's a jungle out there". Une compo de Guy dont les cordes dialoguent avec le piano de Bobby Whitlock ; une compo qui me donne des frissons dans le dos... Géant!

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