Le bluesman anglais au crâne le plus dégarni est de retour ! Il avait déjà commis, dans le passé, un superbe album acoustique : "Solo in Soho". Il remet le couvert avec "The acoustic blues of Eddie Martin". Néanmoins, cet opus n'a pas été enregistré exclusivement en solitaire, puisque Eddie a reçu épisodiquement le concours de l'un ou l'autre collaborateur. Et notamment Paddy Milner au piano ainsi que Dave Griffiths à la basse et à la mandoline.
Dès l'ouverture, le piano souriant de Paddy soutient ainsi "The devils joker". Même sans amplification, Eddie est capable de vous remuer les doigts de pied. Ils bougent et frétillent tout au long d'"It's a mystery to me". "It hurts me too" de Tampa Red dégage beaucoup d'émotion et de délicatesse. Eddie se transforme volontiers en homme orchestre. Il est capable de jouer au même moment guitare, harmonica et percussions au pied. A l'instar de "Bundle up and go" qui figurait au répertoire de Leadbelly et de John Lee Hooker. Inspiré par le légendaire Barbecue Bob, "Barbecue bop" est un instrumental mitonné par la national steel guitare d'Eddie. Autre instrumental, "Jumping beans" est inspiré par Dr Ross. Au chapitre des reprises, signalons encore la présence du "Queen of spades" de Robert Johnson et du "Mean ole Frisco". Pour le reste, Martin a composé l'essentiel du répertoire, toujours aussi inspiré par le Delta. Ainsi "Toy Ballerina" est proche du thème de "Can't be satisfied" ; alors que plus rythmé, "Henry Ford" s'appuie sur une guitare à douze cordes et un harmo. L'album se referme sur "Fox Chase N°3". Un exercice de style à l'harmonica sur lequel il se délecte au "Whoopin" familier de Sonny Terry. Musicien complet, Eddie a retenu les leçons de Joe Hill Louis, de Dr Ross et du regretté Duster Bennett.

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