Harry Manx est né sur l'île de Man, au Sud de l'Angleterre. Mais il a rapidement émigré au Canada, où il vit toujours aujourd'hui. Au début des années 80, on le retrouve dans le métro et autres coins publics de Paris, où il joue de l'harmonica et de la slide. 10 années plus tard, il fait à peu près la même chose au Japon. Il se rend ensuite au Rajasthan à la recherche de Vishwa Mohan Batt. Musicien indien et spécialiste émérite de la slide, Vishwa avait enregistré auparavant en compagnie de Ry Cooder. Vishwa lui apprend tous les rudiments de cette riche culture musicale. Enfin, au printemps 2000, il revient chez lui à Salt Spring Island, au Canada.
Enregistré à Toronto, cet album marque un retour à ses sources : le blues. Manx est seul. Il accompagne sa voix d'une lap steel guitar, d'un harmonica et d'un mohan veena, une slide guitare indienne à 20 cordes, que lui a léguée le maître. Il entame cet opus par une version assez classique et impeccable du classique de Muddy Waters, "Can't be satisfied". La voix est celle d'un folk singer. Son timbre bien joli et doux caresse "Bring that thing", "Good morning stranger" et "Lay down my worries". La prise de son est limpide. Le toucher métallique sur les cordes est clair. Il vibre entre ses doigts. Son jeu d'harmonica n'est pas complexe mais très efficace. Lorsqu'elle rencontre l'Orient sa musique occidentale est d'une richesse insoupçonnée. L'essence du blues et la profondeur indienne créent des raga blues à quatre reprises : "Reuben's train", "Rag Bihag", "Song for William" et "Rag Jog". Harry est doté d'une sensibilité désarmante. Sa musique le hante, lui colle à la peau. Ses créations sont tellement belles et simples ; un art qu'il domine naturellement. "Sunday morning ascension" et "Love ain't no game" exhalent beaucoup de tendresse et d'intensité. Deux reprises figurent sur ce très bel album chargé de promesses, "Baby please don't go" et "Shame shame shame".

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