Et un retour de plus au blues pour Gary, un!! Agé de près d'un demi siècle, cet Irlandais a vécu sa première expérience intéressante à l'extrême fin des 60's. Au sein du trio Skid Row. Il est ensuite embrigadé chez Colosseum II et Thin Lizzy avant d'entamer une carrière personnelle, en 1979. Son adhésion au blues l'amène à sortir l'album "Still got the blues" en 1990, et "After hours", l'année suivante. Un disque pour lequel il avait bénéficié de la participation d'Albert King, de BB King et d'Albert Collins. Il commet alors "Blues Alive" en 93 et la collection "Blues & Ballads" en 94. La même année, il participe brièvement au projet BBM, autrement dit Baker, Bruce & Moore. En 95, il rend hommage à son maître à jouer et protecteur de ses débuts, Peter Green, à travers l'album "Blues for Greeny".
Les premiers instants pourraient semer le doute. Mr Moore se mettrait-il à son tour à l'acoustique? Ce n'était qu'un leurre, la diversion ne dépasse guère les trente secondes. Arrêt brusque et mise en marche immédiate de la machine à rocker le blues. Pour démarrer, "Assez du blues", autrement dit "Enough of the blues" constitue un curieux titre pour annoncer son retour!! ! Crochet par le répertoire de BB King, avec la reprise d'"Upset me baby". Il reste dans un registre semblable avec son "Cold black night". Il s'attaque à son solo à la manière d'un Peter Green 1ère époque qui revendiquait lui-même BB. Malheureusement, il tombe très vite dans ses excès en voulant en faire de trop. Quand on veut se faire trop hard, on perd immanquablement la sensibilité indispensable au blues. C'est ensuite l'exercice du slow blues, le fameux canon de T-Bone Walker, "Stormy Monday". Et c'est bien sur ces tempos nonchalants que Gary puise sa joie de jouer. Il possède un sens de la mélodie ; les phrases et soli qu'il crée alors peuvent être très beaux, mais sortent du blues. Curieusement, ses meilleures chansons sont ici de jolies ballades, lentes, sur lesquelles il peut déployer son sens profond de la mélodie. Sa sensibilité se manifeste sur ce type de répertoire. Et notamment chez "Picture of the moon" et "The prophet". La guitare sur fond d'orgue de Vic Martin, me rappelle le dialogue entre Thijs Van Leer et Jan Akkerman du groupe hollandais Focus ; et enfin, "Drowning in tears". Un petit joyau chanté très doucement. La guitare prend la tonalité métallique et réverbérée de celle de Peter Green sur l'extraordinaire instrumental "The supernatural". Solide coup d'émotion, la finale est réellement superbe. Lors de ses exercices de style dans le blues, à l'instar de la reprise se du "Looking back" de Johnny Guitar Watson, la guitare est impeccable mais son chant ne transpire vraiment pas la sensibilité que nous sommes en droit d'attendre d'un tel artiste. A chacun d'en retirer ce qu'il attend !

Nederlands
Français 
