Voilà donc la nouvelle perle de la guitare texane! Il est vrai que la prestation de Lee McBee flanqué de ses deux guitaristes, Johnny et Hash Brown, lors du dernier Spring Blues Festival, a été assez extraordinaire. Une véritable claque ; et le public ne s'y est d'ailleurs pas trompé. Le jeune Johnny n'est pas un débutant. Dès la fin des 80s, il faisait partie de Texas Heat, le groupe de Darrell Nulisch. Il a joué sur "It's Lewis" de Lewis Cowdrey, sorti sur Antones. Il avait aussi commis un album de funky blues, sur le même label de Société de Blues de Dallas. Intitulé "Return on the Funky worm", il avait reçu le concours de l'ancien Red Devil, Paul Size.
Indéniablement, Johnny détient une tonalité propre, rappelant parfois celle de Jimmie Vaughan. Il touche un peu à tout : au blues, au R&B, au rockabilly. Il est très bien entouré par son frère Jason à la batterie et par Matt Farrell au piano ; Mike Keller ainsi que Johnny Bradley se partageant la basse. Ce petit monde constitue habituellement le backing band de Lou Ann Barton. Son blues prend parfois les attitudes paresseuses des swamps. A l'instar de l'ouverture "Oh baby Oh", sur laquelle il prend déjà un superbe envol sur les cordes. Dans le style Baton Rouge, très bien chanté par Homer Henderson, "You turn to cry" (de Roy Head) est une de ces ballades qui semblent sortir tout droit des jukeboxes des mêmes 50s. Homer possède la voix traînante pour aborder ce style. Elle fait merveille sur la reprise de "You got me crying" de Jimmy Reed. "Thinking" (de Johnny Watson) est une petite perle dans le genre. Shawn Pittman est au piano, alors qu'on le connaît surtout à la six cordes. L'instrumental "Bak 'n' forf" est sous l'emprise du rythme des Caraïbes. Autre instrumental plus jazzy, inspiré de Wes Montgomery, "Slingin' Hash" traduit peut-être un clin d'œil adressé à l'ami Hash Brown. Boogie rock'n'roll, "Let's get high" déménage. Le piano de Matt roule de tous côtés, pendant qu'il chante comme un véritable rocker des 50s. Cette voix colle bien à l'ambiance de la plage rythmée, "Stagger Lee". Le Chicago blues n'est pas oublié à travers l'excellente reprise de "Worried life blues", de Maceo Merryweather. C'est le moment de gloire pour Matt Farrell qui chante et joue du piano à la manière de Big Maceo ou d'Otis Spann. Matt en remet une couche lors du traitement funky de "Mama, the way you look tonight", de Memphis Slim. Ce très bon album se termine sur "J's scratcher", un hommage évident à Slim Harpo. Prenez le temps d'écouter Johnny Moeller et ses amis, cela en vaut la peine!

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