Pour enregistrer son troisième album solo, Natalie Merchant a reçu le concours de T Bone Burnette (Wallflowers) à la coproduction. Une première, au cours de sa carrière en solitaire ! Et il faut reconnaître qu'il y a apporté sa griffe personnelle. Pas pour la musique, les arrangements ou les orchestrations. Non, paradoxalement, il s'est concentré sur la voix de Natalie. Pour lui conférer des inflexions glacées, crépusculaires et gutturales. Etonnant lorsqu'on sait que son timbre est plutôt miel et sucre. Une métamorphose qui lui permet de se frotter avec beaucoup de bonheur, au blues, au bluesgrass, au r&b et même au gospel. Mavis Staples est ainsi venu donner de la voix sur " Saint Judas " et " Build a levee ". Et puis d'aborder, sans le moindre complexe, la world music. A l'instar du reggae arabisant " This house is on fire ". L'opus recèle également l'une ou l'autre ballade plus intimiste, minimaliste, parfois légèrement électrifiée, dont un superbe titre ténébreux, hispanisant, au cours duquel elle murmure quelques mots dans la langue de Cervantès ; une chanson qui me rappelle quelque part le " Manhole " de Grace Slick. Seul l'alerte " Tell yourself " renoue avec l'acoustique ensoleillée du défunt 10.000 Maniacs. Une œuvre bourrée de charme et de délicatesse, dont le style lyrique, intimiste et poétique reflète les images des brumes automnales…

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