Il est fini le temps des grands hymnes rock, de ces " Tostaky " repris en chœur. A 40 ans, on ne s'exprime plus comme à 20. On s'adoucit ? " Le vent nous portera ", ritournelle dans le plus pur style Louise Attaque, peut le laisser penser. A tort. Noir Désir ne se courbe pas ‘encore et toujours une ligne droite’, mais poursuit son chemin personnel, sans souci des modes et des conseils en marketing. Intégrité avant tout. Mais cette intégrité, les Bordelais ne la comptent plus en décibels mais en textes, judicieusement mis en valeur par un vrai groupe, toujours très énergique, même s'il s'évade régulièrement des sentiers balisés du rock. Paroles directes et poétiques, dénonciatrices et ensorcelantes. Pas étonnant que Noir Désir reprenne à la perfection Léo Ferré, rendant très contemporain cet artiste qui nous paraît d'un autre temps. Bertrand Cantat n'éructe plus, ou alors rarement. Désormais, il module merveilleusement sa voix selon le propos et les rythmes de son groupe, il ose un pertinent chanté/parlé. Le sommet est atteint dans un extraordinaire " A l'envers, à l'endroit ", où sur un petit bout de mélodie accrocheuse, Noir Désir raconte les contradictions, les abus et les renoncements du monde moderne. Un monde moderne qui ‘nous explose à la gueule’. Et l'on s'étonne, comme tout le monde, de cette chanson étrangement prémonitoire : ‘Le grand incendie/Il y a le feu partout/Emergency/Paris s'écroule/New York City/Iroquois qui déboulent’…

Nederlands
Français 
