Curtis n'est pas très connu chez nous. Pourtant il possède une solide aventure musicale derrière lui. N'a-t-il pas inspiré John Belushi pour la création des Blues Brothers? Il est né en 1954 dans le North West américain, mais vit aujourd'hui à Eugene, dans l'Oregon. Le premier fait saillant de sa carrière remonte à 1976, lorsqu'il décide de rejoindre le Robert Cray Band, pour assurer le rôle de chanteur/harmoniciste. Il y restera six ans. En 1984, il entre dans le Roomful of Blues. Toujours comme chanteur/harmoniciste. Il y sévira deux ans. De retour à Portland, en 86, il forme les Stilettos en compagnie du bassiste de John Lee Hooker, John Mazzocco.
Il sort son 1er album, "Curtis Salgado", en 91. Et le suivant, "More than you can chew", en 95. La même année, il rejoint Santana pour participer à une tournée nationale. En 97, il grave "Hit it and quit it" ; mais en compagnie de Terry Robb, un guitariste de l'Oregon. On raconte que Curtis avait une voix comparable à celles d'Otis Redding et de Paul Rodgers. Je ne pense pas qu'il soit judicieux d'évaluer son timbre de cette manière. Curtis, c'est… Curtis. Sa voix est superbe, expressive, légèrement éraillée, très personnelle. Maintenant, il est vrai que la plupart des plages de cet album auraient pu être chantées par Otis ou Paul. Mais le résultat aurait été différent. Le style dispensé tout au long de cette œuvre, qui alterne le bon et le très bon, est le fruit d'un mélange entre R&B et soul. Encore que le tempo soir rock, et le plus souvent imposé par les six cordes. Deux guitaristes collaborent à 7 des 11 titres. En l'occurrence Jesse Young et John Wedemyer, le gratteur attitré de Charlie Musselwhite.
La section rythmique est très soudée, dense, et s'impose en permanence. En ouverture, "Old enough to know better" bénéficie du concours d'un troisième guitariste, Jimmie Vaughan. Pas pour rien qu'il s'agit d'un des meilleurs morceaux ! "The harder they come" se distingue par un son très catchy, très contagieux, si vous préférez. Curtis est un harmoniciste brillant. Il est dommage qu'il ne manifeste pas plus souvent ce talent. Il nous réserve quand même un joli solo mélodique sur l'exercice de style, "Portable man" ; et sur un instrumental puissant, enrichi de la guitare de Lloyd Jones, "Lip whippin". La fin de l'album est superbe. Rehaussé par la présence de la chanteuse Lou Ann Barton et par le retour de Jimmie Vaughan aux cordes, "Hip hip baby" est un rocker qui sent bon le Texas. Quel bonheur! Jimmie reste en place pour attaquer, en finale, un autre rocker : "More love less attitude", comme à ses plus beaux jours…

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