Pour enregistrer son nouvel album, Yes a purement et simplement décidé de remplacer les claviers par un orchestre symphonique. Et ce, sous la direction de Larry Groupe, mieux connu pour la composition de ses musiques de films. Un personnage qui s'est, en outre, occupé des arrangements. Il y a bien, ça et là, un zeste de piano, dispensé par le drummer, Alan White. Mais pas de claviériste. Le groupe n'avait plus eu recours à une semblable formule depuis 1970. Pour l'enregistrement de " Time & a word ". Une formule qui était alors, bien dans l'air du temps, mais qui n’a pas été couronnée de succès. N'empêche, la période la fructueuse du groupe s'étale de 1969 à 1975. Lorsque sa musique à la fois belle et complexe, originale et intellectuelle, souvent fracturée mais également lumineuse, était capable de nous plonger dans un univers autant visionnaire que majestueux. Une symphonie des temps modernes recherchant, au delà du swing, de l'obsession rythmique, des tangages éphémères, une sorte de sublime. C'est également au cours de cette époque que Yes est devenu un des flambeaux de la musique dite progressive. Il y a bien eu un sursaut en 1983, consécutif à la sortie du hit " Owner of the lonely hearts ". Mais depuis, il faut reconnaître que la musique de cette formation n'a plus guère progressé (!?!?!)… Pourtant, ce " Magnification " ne devrait pas trop déplaire aux nombreux aficionados du combo. Squire, Howe et White y rivalisant de virtuosité, pendant que Jon Anderson, de son timbre falsetto, presque androgyne, filtre la solution sonore. M'enfin, on est encore loin des " Close to the edge ", " Fragile " et du " Yes album ". Pour nostalgiques uniquement !

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