Avec le recul, il faut admettre que la séparation de The Verve était inéluctable. Parce que si la conception des deux premiers opus était essentiellement le fruit des élucubrations menées conjointement par le chanteur et le guitariste (en l'occurrence Nick McCabe), " Urban hymns " répondait davantage aux aspirations profondes d'un seul homme : Richard Ashcroft. Et on s'en rend vraiment compte en écoutant les onze chansons de son premier album solo. Un disque qui bénéficie encore et toujours du concours de Chris Potter à la coproduction et surtout de Wil Malone à la mise en forme des arrangements. Des arrangements somptueux, régulièrement symphoniques qui servent à merveille de véritables chansons d'amour, dédiées à son épouse, Kate Radley. Des chansons qu'il interprète d'un timbre vocal, intimiste, profond, légèrement nicotiné, en s'accompagnant de la six cordes. Acoustique ou électrique. Si pas les deux. Ce qui n'est pas un exploit lorsqu'on connaît les vertus de la technologie contemporaine. Si Richard assure seul les parties de guitares, il s'est entouré d'une solide équipe de collaborateurs. En l'occurrence l'ex drummer de The Verve, Peter Salisbury, le vétéran de la steel guitar, BJ Cole, le pianiste d'Allman Brothers Band, Chuck Leavell et Pino Palladino, bassiste de studio qui participe régulièrement aux sessions d'enregistrement des Stones. Le seul hic, c'est que Richard se complait un peu trop facilement dans les exercices de style mélancoliques. Hormis le single hispanisant " A song for the lovers ", le countryfiant et cosmique (Gram Parsons ?) " Money to burn ", l'atmosphérique, psychédélique et jazzyfiant " New York ", probable héritage de l'indispensable " A northern soul "; ainsi que les allègres "Crazy world" et "C'mon people (we're making it now)", le reste nage en eaux paisibles, un peu trop paisibles à mon goût. Avec un peu plus d'audace, Ashcroft aurait pu réaliser un des albums de l'année. C'est loupé !

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