Il devient de plus en plus difficile de s'y retrouver dans la discographie contemporaine de Stan Webb. En fait, si elle a été majoritairement éditée par le label anglais Indigo, son importante production est essentiellement issue du passé. Stan est un des grands guitaristes révélés par le British Blues boom de la fin des 60s. Lorsque cette vague s'essouffla, il évolua vers un rockin' blues beaucoup plus dur et électrique. Cet album se partage entre deux époques. Nous le retrouvons tout d'abord chez Chicken Shack en octobre 1973, à la Brunel University. Stan partage sa position de soliste avec le claviériste Dave Wilkinson.
Le son des neuf plages est excellent ; et on n’a pas le temps de s'ennuyer. Nous y retrouvons des titres qui sont toujours à son répertoire, près de 30 ans plus tard. Notamment "Everyday I have the blues", "Going down", "Poor boy" et le célèbre blues de BB King, "The thrill is gone". Mais indéniablement, c'est dans le domaine du blues lent qu'il excelle. A l'instar de "You take me down" que Stan chante avec passion. Sa guitare ne distille que les notes nécessaires et les changements d'intensité sonore sont très réussis. Nous faisons connaissance avec toute la puissance orgiaque des sons sur "Going down" et son hymne à succès, "Poor boy". Et Stan très en verve cette nuit-là, nous produit deux instrumentaux saignants et dynamiques, "Webb's boogie" et "Webb's guitar boogie shuffle". Pour les 6 dernières plages, nous repartons dans le futur. Au Bridge House de Londres en 1981. Il y a du beau monde derrière lui, mais le son est moins bien restitué. Ric Lee (ex-Ten Years After) est à la batterie, Paul Butler (ex-Jellybread) à la 2ème guitare et Tony Ashton (Ashton, Gardner & Dyke) aux claviers. Au menu, un nouveau "Poor boy" (NDR : ce qui explique le titre de l'album), un nerveux "Tell me" et une longue version du "Back door man" de d'Howlin' Wolf, dont le son est trafiqué par les pédales. Stan achève son set par une courte intervention instrumentale du très célèbre "Hideaway" de Freddie King qui, n'oublions pas, fut sa 1ère référence au cours des 60s.

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