Le Downliners Sect est arrivé au début des années 60, dans la vague qui nous a permis de connaître les Rolling Stones, Yardbirds et autres Pretty Things. Le groupe touchait à tout. Au R&B, au rock'n'roll, à la country, au beat, etc. Il n’a connu qu'un succès d'estime ; trop insignifiant sans doute pour agiter la vague R&B, mais pas assez pop pour remuer celle des beat groups. Il possédait pourtant de sérieux atouts, parce qu’il pouvait compter sur ses musiciens chanteurs, Terry Gibson, Don Craine et Keith Grant.
Le Sect a connu une nouvelle jeunesse dans les 70’s lors de l'avènement du pub rock de Dr Feelgood et les Kursaal Flyers. Reformés à la fin des 70s, ils sortiront deux albums, dont "Showbiz" (NDR : qui a déjà été réédité par Indigo et "Live in the 1980s"). Cet opus est ici présent, enrichi de 4 titres enregistrés en mai 80. Les trois musiciens susvisés sont ici flanqués du chanteur harmoniciste Paul Tiller (un ancien des Black Cat Bones) et de Rod De'Ath, un personnage qui a longtemps été longtemps le batteur de Rory Gallagher.
"You ain't done me right" est un titre accrocheur mais qui sonne très… Status Quo. "Blue night" vaut pour sa belle partie d'harmonica de Tiller. "Rhythm 'n' booze" est un rock'n'roll proche de Chuck Berry, avec une voix trop propre. L'album live est plus tranché, brut, sale. Nous sommes toujours en 80 avec les mêmes musiciens. L'énergie déborde, sans pour autant dépasser celle du Nine Below Zero de la même époque. Les plages qui dégagent le plus sont les meilleures. Et en particulier "Got my mojo working" ainsi que le fameux "Sect appeal", dont le rythme est pompé sur le riff de Bo Diddley. Quand ils chantent le "Love potion n°9" de Leiber et Stoller, on croirait entendre les Beatles des tous débuts. Manifestement ils sont le plus à l'aise dans le rock'n'roll. Ils foncent, dévastent et emballent "Back in the USA" et "Sweet little 16" de Berry. Et même d'autres canons tels que "Wee wee baby" ou "Nursery rhyme" de Diddley. Rien (ou presque) n'échappe au rouleau compresseur. Seule la conclusion ("Shake your moneymaker " et "Route 66") qui emprunte un ton trop approximatif, a été bâclée…

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