Avant de fonder Doves, Jim Goodwin ainsi que les frères Jez et Andy Wiliams sévissaient au sein de Sub Sub. Un ensemble spécialisé dans la dance, qui avait décroché un énorme hit au cours des eighties, en Grande Bretagne, avec " Ain't no love (ain't no use) ". L'absence totale de succès de leur album, conjuguée à l'incendie accidentel de leur studio les inciteront à se tourner vers l'instrumentation basique tout en optant pour un nouveau patronyme : les Doves. " Lost souls " constitue leur premier album. Un opus dont l'expression atmosphérique, éthérée, épouse à la fois le psychédélisme semi-acoustique, en volutes, de The Verve, l'intimisme spectral de Matt Johnson (The The), la sensibilité mélodique, ouatée, toute en nuances de Talk Talk, la sophistication des arrangements de Tears For Fears et le spleen ténébreux, mélancolique, parfois électrifié d'American Music Club ; la voix de Jim Goodwin empruntant même parfois les inflexions de Mark Eitzel. Le trio mancunien n'a cependant pas aveuglément tourné le dos à la technologie moderne, mais y recourt avec parcimonie et judicieusement, à l'instar de nombreuses formations pop contemporaines. Un disque qui recèle, en outre, à travers " The cedar room ", une superbe chanson de plus de huit minutes, qui aurait pu naître de la plume d'un Noël Gallagher inspiré et en toute grande forme... Remarquable !

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