Si le mot ‘intellectuel’ ne risquait de desservir le propos, j’utiliserais volontiers ce qualificatif pour illustrer cette œuvre.
Doté d’une ouverture d’esprit remarquable, dans la mesure où rien ne semble freiner l’élan créatif de sa tête pensante, le très doué Mathijs Bertel, Ansatz Der Mashine explore avec bonheur de multiples terrains, loin de tout sentier battu.
Plus organique et moins abstrait que ses précédents elpees, ce disque ne semble craindre aucune audace.
Chant dans la langue de Molière (exercice périlleux dans le genre, mais au fait, de quel genre parle-t-on ?), incursions subtiles de divers univers et immersions sensibles dans différents coloris, « Heat » est un pari audacieux, qui renvoie autant à Fennesz qu’à Dead Can Dance.
Abordant des thèmes historiques ou littéraires, rendant hommage ici et là à des personnages marquant l’imaginaire de son auteur (son épouse sur « The Desert Story » ou encore le regretté Mark Linkous sur « … »), ce disque explore et ose sans perdre en crédibilité.
Une invitation au voyage et à la réflexion, à l’échappée belle toutes voiles dehors.
Seul bémol, la typographie risque malheureusement d’effrayer l’amateur de musique, car rien qu’en observant la pochette, on pourrait s’imaginer devoir se farcir le dernier… Take That !

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