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Locked down

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Le vieux sorcier louisianais vient encore de frapper fort! De son véritable nom Malcolm Rebennack, ce chanteur/créateur/guitariste et surtout pianiste possède une longue carrière musicale derrière lui. Malgré ses 71 balais, il est toujours aussi extraverti et excentrique ; en outre, ce résident de la Nouvelle Orléans n’a jamais laissé quiconque indifférent. Inspiré à l’origine par le mythique pianiste local Professor Longhair, sa première œuvre “Gris Gris” remonte à 1968. Ce disciple avoué de la culture vaudou nous livrait les premiers secrets de sa médecine, sur “Remedies” en 70 et “Sun, moon & herbs” en 71.

Les influences de notre toubib sont multiples : le blues, le jazz, le rock’n’roll, le boogie woogie, le funk et naturellement le zydeco. Il va rapidement se voir décerner le pseudo de Dr John. En particulier dès la sortie de “Dr John : The Night Rripper”. Et puis à cause de ses prestations scéniques extravagantes et ses costumes inspirés du Mardi Gras néo-orléanais.

Nous sommes en 2012, et le bon docteur parvient encore à étonner. Pour enregistrer “Locked down” il a reçu la collaboration de Dan Auerbach des Black Keys. Ce dernier joue de la guitare et assure la production. Les sessions se sont déroulées à Nashville, dans le Tennessee. Finalement, ils étaient six en studio pour concocter cet elpee, une équipe qui se partage l’écriture des plages.

Et c’est bien à un travail d’équipe auquel on assiste tout au long de cette œuvre. Une constatation déjà bien illustrée sur le titre ouverture, le fameux “Locked down”. A l’exception du Docteur, tous les musiciens sont crédités de percussions et de chœurs. Métallique, la guitare de Dan nous plonge dans le Delta du Mississippi. De quoi manifestement apporter une touche de fraîcheur et d’originalité. Soutenu par toute cette machine rythmique, le brave Mac chante d’un timbre nasillard, mais ses inflexions sont souveraines. La “Revolution” sonore est bien en marche. Le concours d’Auerbach est déterminant tout au long de ce R&B novateur et d’une puissance inouïe. De toute évidence, “Big shot” nous invite à rejoindre New Orleans, le berceau du jazz traditionnel, mais le style est ici revisité par les percus et le saxophone de Brian Olive, de manière à atteindre un format intemporel. Fresque de notre société moderne, “Ice age” est une excellente compo qui met bien en valeur les vocaux, mais aussi les différents instruments et en particulier les percus. Faut dire que le travail de mise en forme est impeccable. Tout comme “Getaway”, au cours duquel on entend distinctement tous les instrus. En outre, les interventions de basse prodiguées par Nick Movshon sont assez extraordinaires alors que la sortie finale d’Auerbach sur les cordes est aussi redoutable qu’acide. Les cordes saturées d’écho qui introduisent “You lie” sont un véritable délice. Le front rythmique qui rejoint l’expression sonore est dominé par le saxophone. Un funk blues absolument superbe. Un hommage est rendu au dieu cubain sur “Eleggua”, une plage mystérieuse, envoûtante, ésotérique même, propice à la transe qu’alimentent les percussions exotiques. “My children, my angels” baigne enfin dans un peu de douceur, un cri d’amour et de passion répercuté par un chant paisible que balisent un piano électrique mélodique et une guitare au bord de la déchirure. L’elpee s’achève par “God’s sure good”, un R&B classique, dansant et agréable. Un excellent album. Son meilleur depuis bien longtemps.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Dr John
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Nonesuch / Warner Music
  • Date: 2012-04-03
  • Rating: 5
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