Ces gars là, ça ne m'étonnerait pas qu'ils portent les dreadlocks sur leurs costumes trois pièces. En élèves appliqués du free jazz, ils tordent les structures pop habituelles en l'agrémentant de sonorités zarbies, de ragga et de percussions inventives. En net, du crossover avec parfois un intellectualisme trop insistant. Heureusement, une bonne dose de post rock brinquebalant ajoute parfois une dimension louable à des compos volontairement étirées, presque maniérées parfois, notamment à cause de cette voix foutraque, croisement improbable entre Bill Galahan et un ogre. Brrr. Par contre, mention spéciale pour le son, notamment sur « Eternallys hours », où les toms étouffés montent progressivement en puissance, s'accordant à un jeu de basse tremblant hérité de Tortoise. Pas un hasard en fait puisque c'est monsieur ‘je suis partout’ John Mc Entire qui produit la chose. On retrouve automatiquement sa patte lorsque surgissent ça et là des zigouigouis électroniques, ou autres guitares retraitées, en ouverture de morceaux souvent improvisées sortant de jams sessions qu'on imagine tordues.
Il y a à prendre et à laisser, forcément, mais rien que pour les risques entrepris, on conseillera aux gens raffinés de jeter l'oreille sur ce disque aux faux airs d'œuvre inachevée. Croyez moi, s'ils poussent plus loin leurs délires on tient peut être là les vrais rénovateurs du dub, en atteste Bewilderness, qui, sans en avoir l'air, maltraite subtilement le free en lui payant un ticket pour la Jamaïque.

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