Vouloir consacrer un album entier à un genre résolument danceflooor demeure, pour les apprentis musicos, un risque qui peut vite prendre des allures de ratage intégral. Même Goldie, pourtant talentueux, ne réussit pas à supporter le choc de la longueur. Pas facile de tenir aussi longtemps le breakbeat, par essence dynamique et propice à la débauche sonique. Leon Lamont construit ses titres avec fantaisie et maîtrise. Il n'a ni le génie d'Amon Tobin, ni le potentiel du dieu du two step, MJ Cole, pour nous surprendre de bout en bout. N'empêche, Lamont fait preuve de beaucoup de bonne volonté et surtout possède de bonnes idées. Comme celle d'enregistrer une batterie live. Mais il pêche (NDR : la honte !) par un abus de rythmiques roboratives, voire ennuyeuses, alors que le style repose avant tout sur les cuts violents. De plus la nature des sonorités n'améliore certainement pas le climat général de l'opus. Dont la plupart des fragments lorgnent, à divers degrés, vers l'attendu ou le vulgaire. Dommage, car une ou deux bonnes surprises laissaient augurer une toute autre dimension à ce disque. A l'instar du mongolo " Humanoid ", un titre riche et souvent drôle dont le gimmick semble sorti tout droit d'un manga, ou encore le jazzy " Dust ". Mais quel est l'intérêt de sortir un elpee du breakbeat si seulement deux tracks partent un peu en vrille, décapent enfin nos viscères ?

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