Trois éléments pourraient résumer l'essentiel de ce qu'il faut savoir du phénomène rock français nommé Louise Attaque. Il s'agit de l'engagement politique, des instruments acoustiques, et puis surtout du groupe mythique Violent Femmes. L'engagement politique tout d'abord. Diplômés de l'université, les quatre Bretons disposent d'un statut qui ne les oblige pas à tout investir dans la musique. Néanmoins, quand on vend plus de deux millions d'exemplaires de son premier album, il apparaît évident que les projets musicaux prennent une place non négligeable dans une vie. Et tant mieux pour eux, puisque le groupe veut revendiquer des choses et défendre des idées politiques, plutôt marquées à gauche. Et quel est le plus beau moyen de répondre à cette envie, si ce n'est dans le cadre de sa propre passion : la musique.
Parlons maintenant de leur première influence. Les Violents Femmes. Ce nom ne vous dit rien ? C'est normal. Cette formation américaine issue des années 80, monstre de la scène underground, n'a jamais connu de succès notoire. Le trio constitue pourtant le terreau sur lequel a poussé la fleur Louise Attaque. Le nom en est inspiré (Louise pour femme et Attaque pour Violent). Et le son du quatuor français transpire le folk-rock groovy pratiqué par le mythe depuis plus de quinze ans. Et puis, le leader Gordon Gano a assuré la production des deux premiers albums. En compagnie de Warren Bruleigh.
Le troisième élément qui doit encore être soulevé concerne le style adopté par Louise Attaque. Très acoustique, il s'est, dès le début, démarqué de la scène musicale ‘jeune’ française ; tournée corps et âme vers le rap et la techno. C'est ce qui explique sans doute pourquoi il aura fallu attendre que le premier disque dépasse les cent mille exemplaires vendus pour que les radios françaises décident enfin de les programmer à fréquence régulière. On peut en tout cas affirmer qu'elles se seront bien rattrapées depuis !
Du violon donc, de l'accordéon, de la guitare sèche, une rythmique exempte d'agressivité, le tout plongé dans un lyrisme teinté d'émotion et de poésie. On a même parfois l'impression que Gaëtan Roussel chante un peu à la manière de notre cher Jacques Brel. La musique gambade de la postcard des Smiths et de James au folk-rock de 16 Horsepower, en passant par le souffle poignant de Nick Cave pour terminer sa course dans l'énergie et le sens mélodique des éternels Violent Femmes. Le premier album nous paraissait fort accessible. Un peu trop peut-être. Celui-ci mérite la mention très bien. Un candidat sérieux pour les albums de l'année !

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