Tous les amateurs de blues savent que Matt a été un des deux guitaristes du Blues Brothers, rôle qu'il partageait avec le blanc, Steve Cropper. Il est né en 1927 à Sunflower, dans le Mississippi. Au cours des 50's, il a accompagné le pianiste Memphis Slim, et dans les 70s, l'harmoniciste James Cotton. " Lucky charm " constitue son second album pour Roesch. Il fait suite à "The blues don't bother me!". Renforcé bien évidemment par les Blues Brothers Horns, Matt est ici entouré de son groupe.
Il s'engage sur l'album par un long boogie instrumental, "Boogie Overture" ; un titre sur lequel il nous présente son travail électrique sur le son. Il s'arme de sa guitare acoustique et ne tolère plus que la présence de son batteur, Floyd Murphy Jr, pour attaquer le très roots "What's up with you baby?". Matt n'est pas un véritable vocaliste. Il a invité quelques uns de ses amis, dont Howard Eldridge. Celui-ci possède une voix très chaude et expressive. Il chante admirablement la lente ballade "I remember", secondé par le piano de Leon Pendavis. Il chante aussi avec autorité "Willie Mae", une plage rythmée, théâtre d'exploits instrumentaux du bassiste Tom Barney, et surtout de Matt qui, à travers un solo passionnant, nous donne une leçon extraordinaire de cordes. David Foster chante "Who's got the puddy". Du pur funk, caractérisé par une intervention dans un style "honky", de Gordon "Sax" Beadle. Pendavis chante "Got me a carrying A stick". Une interprétation sans éclat, amusante, qui repose sur une trame funk et jazz. Murphy est un des meilleurs guitaristes de blues. Il prouve tout son talent sur le lent instrumental "J.F.A". Doigté, technique, sensibilité et expressivité sont au rendez-vous, pendant que l'ami Leon signe une bien belle prestation à l'orgue Hammond. Velouté, "Oh no, I'm falling in love again" épouse un style un peu trop cabaret, à mon goût. " Guitar " Murphy garde le meilleur pour la fin. Il chante "Time to move on", un blues somptueux relevé par une partie de cordes très personnelle. Il est vrai que l'homme a un style et qu'il se montre à chaque instant très inventif. Enfin, pour "Headin' Northwest", Matt arpente son manche au grand galop, épaulé par un front de cuivres. Un bon album!

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