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Living legends deep in the blues

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Nonobstant la blancheur de leur peau, Paul et Steve sont deux authentiques bluesmen. Des vieux de la vieille, devenus des légendes de leur vivant. Et pour cause, Osher a fait partie du Muddy Waters Banden. C'était en 1967. Et le résident de Brooklyn avait à peine 18 ans. Il occupait, en effet, le poste d'harmoniciste, succédant à des monstres sacrés du blues tels que Little et Big Walter, Jr Wells ou James Cotton. Il a pourtant encore d'autres cordes à son arc, puisqu'il joue de la guitare, du piano, chante et compose. Il est vrai qu'il a appris à jouer de la slide par Muddy en personne, et du piano par le sublime Otis Spann. En 1975, il rencontre le Philadelphien Steve Guyger. Steve présente lui aussi un respectable pedigree. Il a joué l'harmonica dans le Jimmy Rogers Band de 78 à 92.

Cet album est une propagande pour le blues classique. Celui qui repose sur la formule d'un trio. Sans batterie, mais avec la basse de Mike Lampe. Paul se partage entre divers instruments. Steve se concentre sur l'harmonica. L'opus recèle quelques petites perles. " Sometimes I wonder ", par exemple. Steve Guyger y est troublant, tellement authentique et tellement proche de Rice Miller, du Sonny Boy II. Tous deux possèdent une voix "vécue", passablement ravagée, qualité qui ajoute à l'intensité de l'ensemble. Paul chante "Take a little walk with me" de Robert Lockwood Jr. Il a admirablement assimilé le style du Delta à la guitare. Et sur ce même titre, ils jouent tout deux de l'harmonica. Paul se réserve la basse, Steve, les aigus. La partie de basse de Paul est tout à fait sidérante sur une version incroyable de "The things that I used to do", où l'harmonica sonne comme un sax baryton. Emotion lorsque Paul interprète "What have I done " de Magic Sam, où l'harmonica se rapproche cette fois, de Big Walter Horton. Emotion aussi pour Steve chantant le classique de Sonny Boy I, "Sugar Mama". Cet album est tout à fait recommandé pour ceux qui aiment le Chicago blues dépouillé, sans faiblesse, classique, mais avec tant de surprises agréables, qu'il est difficile d'être complet dans ces lignes.

 

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