Parker’s Alibi est un jeune quartette anglais issu des cendres de Monty Turnbull!! Il est drivé par un jeune de 23 ans, diplômé en psychologie de l'Université de Derby. Un chanteur/guitariste qui donne son nom au groupe. Il est entouré de Morg Morgan aux claviers, Chris Lomas à la basse et de Tony Baylis à la batterie. L'album a été enregistré live, le 27 juin 2000, au Robin R&B Club de Merry Hill.
Les premiers accords sont sèchement plaqués sur la guitare. L'orgue progresse dans l'ombre. "Cheatin' on you" est une plage rythmée qui accroche l'oreille. "Five long years" est un des slow blues les plus célèbres du pianiste Eddie Boyd. L'interprétation d'Alibi est typiquement british blues. La guitare au son réverbéré, très amplifiée, aux accents dramatiques, occupe l'avant-scène. Une formule qui me rappelle le Chicken Shack de Stan Webb. La voix de Ian est bien posée et dialogue avantageusement avec sa guitare. Le rythme s'accélère pour "Brick" qui accorde un nouveau clin d'œil au style extraverti de Webb. Alibi n'hésite pas à passer au scat, pendant que le chant accompagne la guitare débridée, dans ses épanchements. Du tout bon travail! Sur "Funky now", Parker prend son billet de sortie sur le style cher à Carlos Santana. La reprise très climatique du "It's a man's, man's, man's world" de James Brown est un des moments forts du concert. Le tempo est très, très lent. L'atmosphère est sombre. Parfois, le son est à peine audible, tant la quiétude est de rigueur ; et l'instant suivant la guitare se libère, éclate, dans un torrent de notes. Une belle réussite d'Alibi! D'ailleurs, la force du groupe réside certainement dans l'interprétation des tempos lents. Je soulignerai tout particulièrement la finale, "Almost cut my hair", une chanson issue de la plume de David Crosby. David chantait avec autorité cette chanson flanqué de ses célèbres acolytes, Steve Stills et Graham Nash. Parker's Alibi est une bonne formation qui mériterait de passer par chez nous.

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