Un chant maniéré, d'habitude je ne supporte pas. Mais ici, le filet de voix de Nicolas Falez, soutenu par Sonia Bricourt dans un plaisant duo vocal masculin/féminin, se glisse si harmonieusement dans les douces mélodies de Superflu, que l'écueil est évité. De justesse sans doute, mais sans discussion. Cette douceur laisse à priori croire à des propos anodins, à une énième resucée de cette pop française agréable mais sans beaucoup de fond. Superflu en conserve l'esprit délicat et y ajoute des mots choisis pour parler de séparation (‘Et déjà je redoute tellement le moment/où ta bouche m'appellera voleur/où tes mains m'appelleront ennemi’), de ces relations amicales qui s'effilochent avec le temps (‘On pardonne et on boit/comme les amis d'autrefois’). Le groupe n'hésite pas à appeler cuivres et violons à la rescousse pour soutenir le propos. Superflu sort même de ce terrain agréable pour s'aventurer là où on ne l'attendait pas. En l'occurrence, une violente chronique rurale (" La ferme ") où le chant que l'on disait maniéré apporte soudain un contraste revigorant avec le texte inquiétant. "Tchin Tchin" constitue le 2e album de ce groupe fondé à Lille. Il a été mixé par Jim Waters, un personnage qui a travaillé avec Sonic Youth et le Jon Spencer Blues Explosion.

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