Le révérend Steve Austin dans son élément le plus malsain : le live. Terminées les productions peaufinées des deux derniers albums studios sortis sur Relapse (" Temple of the morning star " et " In the eyes of God "). Non, nous revenons ici à l'épicentre de la musique de Today is the day. Dépassant en brutalité Unsane, ravageant au passage des pointures de Relapse, Austin - désormais bien seul aux commandes de ce navire qui n'a de cesse de se disloquer - hurle (NDR : et le mot est faible) sa haine sur ces 15 titres (+/- 35mins). C'est-à-dire le temps moyen habituel d'un concert de Today is the day. Davantage serait intenable. Aussi bien pour le public que pour le groupe. Car s'il existe une musique dense et complexe, aussi bien dans les propos que dans les structures, c'est bien celle de Today is the day. Austin monte sur scène ‘comme un cerf blessé, traqué par des chasseurs et coincé dans une vallée en cul de sac’. Autant dire que la scène est le siège d'un combat à mort. Hormis " Ripped Off ", extrait du dernier album sorti sur Amphétamine Reptile Records, ce témoignage furieux passe uniquement en revue la période Relapse. Mais il recèle également des facettes moins évidentes d'Austin, dont trois reprises pour le moins surprenantes : " Wicked Game " de Chris Isaak, " Feel like makin' love " du Bad Company et " Why don't we do it in the road ? " des Beatles; sans oublier un instrumental dédié au père d'Austin, dont le climat est digne des instrumentaux du tout premier album du groupe ; et enfin, un court morceau issu des sessions d' " In the eyes of God ". Ce live pourrait ne pas être le meilleur angle d'approche pour ce groupe exigeant. Commencez par les albums classiques. Ceux d'Amphetamine pour le public ‘rock’. Ceux de Relapse pour les amateurs de ‘death’ et de ‘black metal’. Vous viendrez tout naturellement au live. Et là, croyez-moi, votre voisinage ne vous regardera plus jamais comme avant. Car il y a un avant et un après Today is the day.
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