Malgré ses 40 ans, Melvin appartient à la jeune génération. Issu de Chicago, ce chanteur guitariste roule sa bosse sur les routes depuis pas mal d'années ; est paradoxalement il est devenu très populaire en France, où il a enregistré ses deux premiers albums pour le label Isabel, "Blues on the run" en 1982 et "Plays the blues for you" en 84. Guitariste à la technique très fouillée, hyper doué qui pêche parfois dans l'excès, l'homme possède d'énormes ressources, cela ne fait aucun doute. Il a joué jadis dans le Legendary Blues Band, monté par Pinetop Perkins après la mort de Muddy Waters. Il y a tout appris du blues des années glorieuses, mais il n'en est pas resté à ce stade. A l'écoute de Wes Montgomery et Georges Benson, il a rapidement introduit des éléments de jazz dans son style. Réceptif au r&b et au funk, il a toujours prêté une oreille attentive au grand Jimi Hendrix. On ne sera donc guère étonné de l'amplitude de son jeu.
Il débute par la plage titulaire, écrite par Eugene Gales de Memphis. Dont le frère Eric est bien présent pour l'interprétation d'un " Bang that bell " qui me rappelle Jimi Hendrix, époque Band of Gypsies. La reprise de "Trick bag" d'Earl King est un autre modèle du genre. Melvin produit une version énorme de "Another bad day" de Larry Garner. Sa guitare emprunte le mode jazzy, avec un clin d'œil à Carlos Santana. Réjouissant! Sugar Blue fait son entrée pour un rockant "It's later than you think", écrit par John Tiven. Blue est un harmoniciste tellement différent des autres. Et c'est avec un réel plaisir que nous le retrouvons sur "If you're goin' to the city" de Mose Allison. Melvin chante " My life " de manière très relaxante. Proche dans la démarche, de Tony Joe White, son intervention sur les cordes est une nouvelle fois brillante. La section rythmique, composée de Dave Smith à la basse et de Steve Potts à la batterie, tire bien l'épingle de son jeu. Sa cohésion sur le funky "Don't cloud up on me" pousse Melvin à libérer sans cesse ses cordes. Un blues lent, "A quitter never wins", de Tinsley Ellis, apporte la preuve, si besoin en était, que Taylor avait tout intégré. Dommage que MT ne compose pas. Excellent !

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