Il s’agit déjà le 6ème volume de cette superbe série baptisée "Blues across America". Arrêtons-nous donc dans l'Arkansas, le long du Mississippi, dans une cité surtout connue par son show radio ouvert en 1941 : le ‘King Biscuit Time’, sur KFFA. Helena est aussi réputée pour ses bluesmen prestigieux : Sonny Boy Williamson II, Robert Nighthawk, Pinetop Perkins et Robert Lockwood Jr.
Cette collection s'ouvre sur les derniers enregistrements du regretté Frank Frost, sous la bannière des Jelly Roll Kings. Sam Carr est aux drums et, dans le rôle de Big Jack Johnson, nous retrouvons le guitariste et producteur, Fred James. L'entrée en matière, dans le blues d'Helena est royale. A cause de cette interprétation lumineuse de Frank, à l'harmonica, sur le nerveux "Better take it slow". Le rythme ralentit. L'émotion monte d'un cran. Frank chante son "Hey baby", sans concession, ni fioriture, d'une manière très directe, mais combien convaincante. Une production roots qui va en ravir plus d'un. Frank rétablit le tempo sur "Keep things right". La section rythmique est implacable. Sam martèle ses peaux et Fred trace les lignes de basse avec une six cordes. Frost clôt sa participation avec panache, dans " Come here baby ", un titre de swamp blues, proche de Slim Harpo. C'est à John Weston que revient le redoutable rôle de succéder à Frank Frost. Cet harmoniciste d'Helena a déjà enregistré pour Evidence, Appaloosa, mais également Fat Possum. Il pratique, lui aussi, mais avec moins de panache, un blues électrique assez primaire. John est un musicien assez discret, inspiré par Sonny Boy II. Un chanteur sans charisme, qui peut toutefois se révéler efficace, lorsqu'il aborde le blues. A l'instar de "Baby weather blues", exécuté devant son guitariste, Troy Boussard. Dave Riley est sans aucun doute le moins connu des artistes présents. Il a passé une bonne partie de sa vie à Chicago, et est d'ailleurs toujours le bassiste de Byther Dmith. Sa version de "Automobile", écrite par Fred James, est une excellente entrée en matière. Le blues lent "Living in borrowed time" reste proche de Chicago. Dave joue de sa guitare avec parcimonie, me rappelant ainsi le Jimmy Dawkins d'une époque. Sa finale en shuffle "Heat up the oven " ne manque pas de panache. Un bon album qui vaut surtout par la dernière cuvée de Frank Frost.

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