Manifestement, le label Artisan profite au maximum de Peter Green tant qu'il peut rester dans le parcours. "Destiny road" est un opus flambant neuf. Pour la 1ère fois depuis le retour en 1996, les musiciens ont eu le temps de prendre du recul et d'écrire de nouvelles compositions en compagnie du célèbre Pete Brown.
Cet elpee vous propose donc 10 compos personnelles, incluant "Indians", déjà gravé sur le "Soho sessions", et deux reprises, "Madison blues" d'Elmore James et "There's a river" de Stevie Winwood. Disons-le tout de suite, la production de Pete Brown est excellente. Le son est bien clair. Une atmosphère se dégage manifestement de cet album. Peter Green a peut-être trouvé sa nouvelle voie. En produisant un nouveau son qui colle plus à la peau de l'homme qu'il est aujourd'hui ; enfin décidé à ne plus contempler, en vain, les flammes d'un passé révolu. Si on l'écoute d’une nouvelle oreille, ça passe. Le Splinter Group se meut dans un style très laidback. Une ambiance assez feutrée plus hospitalière pour Peter qui ne hausse plus le ton de la voix. Tout au long de la première partie de l’œuvre, elle fonctionne d’ailleurs bien dans ce style. La guitare est discrète mais efficace. L’orgue colore le son et les chœurs féminins donnent la réplique. "Big change is gonna come", "Say that you want to" et "Heart of stone" forment une unité très cohérente. La tendresse, la beauté, la clarté de "You'll be sorry someday" n'est pas sans nous rappeler de très heureux moments comme "Need your love so bad". J'accuse aussi un faible pour "Burglar", une plage bâtie sur un riff exotique, une guitare appuyée, un break d'harmonica et surtout une mélodie qui accroche. C'est le Peter Green sound de la fin de millénaire. "Turn your love away" qui suit est assez complexe et met bien en évidence les qualités du Splinter Group. La version de "Madison blues" soutenue par un piano et un sax est percutante. J'aime moins les derniers titres, tous chantés par Watson, bon chanteur mais sans étincelle. L'album est terminé depuis près d'une minute que resurgit la mélodie de "Man of the world". Une beauté à couper le souffle. Nouvel espoir du côté de chez Green ?

Nederlands
Français 
