Dix ans que le guitariste du défunt Roxy Music n’a plus donné signe de vie. Enfin, presque, puisque tout au long de cette période, il s’est impliqué dans de multiples projets consacrés à des artistes d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud. Colombiens et Cubains, en particulier. Une expérience que l’on ressent très fort tout au long de ce « Vozero ». D’abord, parce qu’il a reçu le concours de toute une armada de musiciens latinos, parmi lesquels le célèbre chanteur espagnol, Enrique Bunbury, se fond naturellement. Une bonne moitié des compositions est d’ailleurs chantée dans la langue de Cervantès. Par Manzanera. Ce qui peut paraître étonnant lorsqu’on sait que dans le passé, et en particulier sur « Diamond head », il s’était montré particulièrement discret. Mieux encore, il est devenu brillant dans cet exercice, assisté, il est vrai par Robert Wyatt. Un Wyatt, qui sans en avoir l’air, s’est beaucoup investi lors des sessions d’enregistrement. Que ce soit pour assurer la seconde voix, le piano ou les cuivres. A un tel point que parfois, on retrouve cette atmosphère planante, qui lui est si personnelle. Et que la guitare de Phil exacerbe, par ailleurs. Un climat qui nous rappelle même par fois la Canterbury school des Caravan et autres Hatfield & The North. Surtout dans ses phases les plus jazzyfiantes. Mais en plus contemporain. A cause du soin apporté par Nigel Burke de The Audience, aux arrangements technologiques. Pour couronner le tout, Manzanera a reçu le concours des chœurs de l’African Gypsies, qui l’avaient accompagné lors de la tournée africaine, organisée dans le cadre de la WOMAD. Et nonobstant le mélange de toutes ces stars et de ces artistes cosmopolites, ce « Vozero » se révèle une œuvre remarquable, friande d’envolées instrumentales panoramiques, sans pour autant se départir d’une sensibilité pop bien britannique…

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