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Collected

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The Allman Brothers Band appartient à l’histoire de la musique rock, même si cette formation a surtout milité dans l’univers du blues. Ce jam band était constamment sur la route. Aux States, tout particulièrement. Jouant soir après soir un répertoire différent. A l’origine du groupe on retrouve deux frères, Duane et Greg Allman. Nés respectivement 1946 et 47, à Nashville, dans le Tennessee, ils ont cependant vécu l’essentiel de leur existence en Floride. En 1965, ils forment les Allman Joys. Ils sont signés par le label Liberty deux ans plus tard qui les rebaptise The Hour Glass. Duane se consacre alors au travail de studio au sein du Muscle Shoals dans l’Alabama, où il se forge une solide réputation et rencontre beaucoup de beau monde.

Voulant retrouver l’intensité de la vie nomade des musiciens, Duane monte l’Allman Brothers Band. En mars 1969, à Jacksonville, en Floride. Gregg s’y réserve le chant et les claviers tandis que Duane partage le poste de soliste aux côtés de Richard ‘Dickey’ Betts.

Ce « Collected » nous réserve 50 plages. Un coffret réunissant trois compact-discs consacrés à cette formation légendaire.

Le premier est éponyme. Il paraît en 1969. Trois extraits ouvrent la plaque dont le “Don’t want you no more” de l’Anglais Spencer Davis et l’extraordinaire “Whipping post”. Le second elpee est gravé en 1970. Cinq plages de cet “Idlewild South” ont été ici retenues. Cette œuvre était une belle vitrine pour le rock sudiste (Southern rock), par ailleurs toujours au goût du jour. Et “Midnight rider” en est une belle illustration. La notoriété du groupe était sans cesse croissante. Mais elle relevait surtout des prestations scéniques. Ainsi, en 1971, sort l’extraordinaire “Live at Fillmore East”, œuvre indispensable dans toute collection de mélomane rock. Un classique intemporel caractérisé par des échanges entre guitares, jamais égalées ce jour. “Eat a peach” est publié en 1972. Et pourtant, le 29 octobre 1971, Duane Allman perdait la vie, suite à un accident de moto. A Macon, en Georgie. Il n’avait que 25 ans et était déjà devenu une légende de son vivant! Cinq plages sont extraites d’“Eat a peach” dont le “Trouble no more” de Muddy Waters! Le band est marqué par le sort. Et pour cause, le 11 novembre 1972, le bassiste Barry Oakley décède dans les mêmes circonstances, également à Macon, très près de l’endroit où Duane avait été fauché un an plus tôt.

“Brothers and sisters” date de 1973. Il recèle le classique instrumental “Jessica”. C’est ce titre qui ouvre la seconde plaque. De cet elpee, on retrouve également une compo très country intitulée “Ramblin’ man”, qui deviendra un hit single. Mais à partir de cette époque, on sent que des lézardes commencent à fissurer la belle unité du groupe. Les leaders ne s’entendent plus trop. Publié en 1975, “Win, lose or draw” est de modeste facture, même s’il recèle une version intéressante du “Can’t lose what you never had” de Muddy Waters, retenue ici. En 1976, Gregg est arrêté pour détention de drogue. Le groupe cesse toute activité pendant deux ans. En 79, la sortie d’“Enlightened rogues” coïncide avec l’arrivée d’un nouveau second gratteur, Dan Toler. L’ABB se sépare une nouvelle fois en 1982 pour refaire à nouveau surface en 89. Mais un autre guitariste sévit alors aux côtés de Betts, Warren Haynes, toujours au sein du line up aujourd’hui. Le deuxième cd s’achève par “All night train”, une piste rythmée issue de “Where it all begins”, un elpee édité en 1984.

La troisième plaque se consacre au pré-ABB ainsi qu’aux aventures opérées par les principaux membres au sein de leur carrière personnelle. Place aux sixties tout d’abord, pour deux plages signées par les Allman Joys, dans un style bien garage de l’époque. Deux pistes sont également réservées à The Hour Glass. On y remarque déjà une belle progression. La voix de Duane n’est pas encore très assurée, mais ses interventions de gratte sur le blues lent “Goin’ down slow” sont superbes. On retrouve le groupe de Gregg Allman à diverses époques. Des morceaux qui mettent bien en exergue le chant extraordinaire et profond de l’homme qui a partagé la vie de la chanteuse et actrice Cher. On épinglera encore “Midnight rider”, dont les sonorités du piano électrique apportées par Chuck Leavell, rappellent le Manzarek des Doors et puis deux plages au cours desquelles Gregg est véritablement au sommet de son art ; tout d’abord le superbe “I’m no angel”, titre qui figure sur l’album éponyme de 1986 ainsi que le bouleversant “It’s not my cross to bear”, soutenu par les cordes magiques de Toler. Richard Betts n’a pas été oublié. Publié en 1974, “Highway call”, son premier elpee solo, concédait des accents très country. Et en 1978, il chantait en personne “Good time feeling” devant son Great Southern. Dix ans plus tard, il rend hommage à son brillant partenaire trop tôt disparu, sur un instrumental baptisé “Duane’s tune”.

 

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