The Motives est une nouvelle formation anglaise qui puise son inspiration à la fois dans le New York des années 40, le Chicago des fifties et le Londres des 60’s. Matt Taylor en est le leader. Il se réserve le chant, l’écriture et la production. Il avait déjà publié quatre albums en solo. Il a aussi régulièrement bossé pour le regretté Long John Baldry ainsi que milité chez le Snowy White Blues Project. Au sein de son backing band, Andy Graham est préposé à la basse. Il a longuement côtoyé Ian Siegal, l’un des meilleurs bluesmen britanniques de ce début de siècle. Roy Martin siège derrière ses fûts. Il a longtemps mis ses baguettes au service de Patricia Kaas. Particulièrement doué, le claviériste Jonny Dyke ne compte plus les collaborations. Il a également participé aux tournées de Kaas.
Plage rythmée, “Never tell a lie” ouvre la plaque. La voix de Taylor passe bien la rampe. L’orgue Hammond de Dyke tapisse distinctement la solution sonore. Il constitue même un support déterminant pour épauler les sorties du leader sur les cordes. Le jeu de Matt est très fluide. Sa technique est impeccable et il n’hésite pas à nous balancer un chapelet de notes, les triturant même, suivant son inspiration, par des pédales de distorsion (wah wah ?) Une recette qu’il reproduit sur “Cookie jar”. L’entente entre les deux solistes est un élément moteur de l’ensemble et la solide section rythmique en constitue le ciment indispensable. Plus classique, “Leap of faith” est imprimé sur un mid tempo. Une piste qui néanmoins porte bien la marque des Motives, tout en s’inspirant quelque peu du géant texan, Freddie King. Matt élabore un solo de haute volée. “Find another love” ne manque pas d’allure. Subtilement imprimé, le tempo déborde de swing. La structure du morceau est balisée par les interventions chaleureuses à l’orgue Hammond. Une construction qui n’est pas sans me rappeler le style anglais qui allait émerger au terme du british blues boom des sixties. Bref, le niveau musical est plutôt remarquable. Swing et percus hantent l’étrange “The rules don’t apply”. “Looking for the way home” est une compo particulièrement réussie. Le Bo Diddley beat est parfaitement dispensé. Un léger funk syncopé envahit l’atmosphère. Matt joue de la slide comme Lowell George à ses débuts, chez Little Feat, tandis que Dyke s’acharne sur les 88 touches de son piano. Matt chante passionnément “Gone before, une plage indolente et empreinte d’une extrême douceur, au cours de laquelle il communique toute sa sensibilité à travers sa sortie sur les cordes. Taylor reprend “Gangsters”, une chanson signée Rafael Ravenscroft (NDR : souvenez-vous du saxophoniste qui s’était illustré sur le “Baker street” de Gerry Rafferty) qu’il interprétait lorsqu’il accompagnait autrefois le souffleur notoire. “If you were gone” évoque The Cream circa “Crossroads”. “After all this borrowed time” lorgne paradoxalement vers Procol Harum. Même la voix me rappelle Gary Brooker! Une fragrance délicatement 60’s envahit “Nature cruel design”. Les échanges opérés entre Taylor et Dyke sont dignes de ceux rencontrés chez la paire Carlos Santana/Greg Rollie. L’elpee s’achève par un excellent blues rock intitulé “Baby don’t lose my number”, une piste dont le piano boogie woogie nous replonge dans l’ambiance d’un Fats Domino. Bonne nouvelle pour les internautes, un Ep 5 tires datant de 2011 est téléchargeable gratuitement sur leur site

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