Il en a fallu de très peu pour qu’Afghan Whigs disparaisse de la scène musicale. A cause de son leader, Greg Dulli, devenu héroïnomane, et marchant dangereusement sur les traces de Kurt Cobain. Nous sommes alors en mai 97, et Greg prend une bonne décision. Il suit une cure de désintoxication. Thérapie qui prendra de longues semaines. Une période au cours de laquelle, il va se mettre à écrire les chansons de ce nouvel album. On imagine ainsi facilement la douleur et la force qui peuvent se dégager de ce " 1965 ". Une œuvre d’un homme meurtri au plus profond de lui-même, vampirisé par les démons de la drogue, qui laisse sourdre ses peurs et ses désillusions. Mais également sa sensualité et sa colère. D’humeur noire, il laisse ainsi jaillir, de sa voix angoissée, toute son intensité émotionnelle à travers, les onze chansons de pop/rock métallique, paradoxalement blanches et ténébreuses (NDR : cherchez l’erreur !) ; mais enrichies par le timbre gospel de Susan Marshall, d’orchestrations jazzyfiantes de cuivres ou de cordes somptueuses, et épisodiquement traversées d’un piano sauvage. Un chouette elpee, conceptuel, enregistré sous la houlette de George Drakoulias, qui laisse transpirer une sensation de mélancolie et de passion fiévreuse…