En 1994, Page et Plant scellaient leur réunion par l’enregistrement d’une vidéo, puis d’un nouvel album. Un événement qui trouvera son prolongement lors d’une tournée mondiale. Et quelle tournée, puisqu’elle allait mettre en présence les deux ex Led Zeppelin, un backing group, un ensemble folklorique égyptien et un orchestre symphonique. Un périple qui s’était arrêté en juin 95 à Forest National. Pour un concert absolument fabuleux. On ne vous en dit pas plus, ce serait remuer le couteau dans la plaie, et vous risqueriez d’en faire une jaunisse. Les deux compères ont cependant décidé de repasser par la Belgique. En automne prochain. Mais plus dans les mêmes conditions, l’expérience, bien que triomphale, leur ayant coûté la peau des fesses. Apparemment, ce sera plus classiquement sous la forme d’un groupe ; circonstanciellement élargi à l’un ou l’autre soliste. Mais nous en saurons plus d’ici quelques semaines. En attendant, le duo nous revient avec un nouvel elpee. " Walking into Clarksdale. Et, surprise, ce disque embrasse une nouvelle orientation musicale. Beaucoup moins sophistiquée, plus brute, plus âpre, et même parfois plus minimaliste. Un résultat qui s’explique, en partie, par la présence de Steve Albini (Nirvana, Pixies, PJ Harvey, Fleshtones, etc.), à la production. Un opus pas toujours facile à aborder, non plus. A la limite lo fi. Pas dans l’esprit de Pavement ou de Swell, mais avec un feeling mélodique et une approche redoutable du métal, propre au célèbre dirigeable ; y compris dans le traitement des sonorités acoustiques. Avec, bien sûr, quelques exceptions qui confirment la règle. Notamment " Upon a golden horse ", investi par un orchestre symphonique, " Please read the letter ", supposé célébrer la réunion hypothétique (NDR : et posthume !) entre Roy Orbison et Jerry Garcia, " Most high ", le remarquable single, touché par la grâce de " Kashmir ", le spectral " Heart in your hand ", caractérisé par des accords de guitare " surf ", réminiscence de Dick Dale flanqué de ses Ventures ; et puis surtout le titre maître, où le groupe semble avoir plutôt joué dans le maximalisme. Tout d’abord, ce fragment bénéficie du concours du drummer sikh de Dhol Foundation, transfuge du Transglobal Underground. Mais en outre, ce titre réussit à conjuguer le glam de Bowie (Jean Genie ?), la touching pop atmosphérique, allégorique du défunt et mythique Sad Lovers & Giants, observation née des envolées de cordes de guitare, le boogie d’Omar and the Howlers, ou plus exactement son tempo, et la frénésie du Led Zep circa " Heartbreaker " (NDR : excusez du peu !). Mais pour le reste, nous vous le répétons, ce " Walking into Clarksdale " nécessite un certain effort d’adaptation pour pouvoir être apprécié à sa juste valeur. Et à notre humble avis, à moins d’être un inconditionnel, toutes celles et tout ceux dont l’horloge s’est arrêtée depuis trop longtemps, risquent fort de tomber de leur chaise, et de ne plus pouvoir se relever…

Nederlands
Français 
