Onze albums en quinze années d’existence, et jamais deux fois la même chose. C’est la performance dont peut s’enorgueillir la formation d’Athens. Pourtant, on avait cru qu’après leur chef d’œuvre, " Automatic for the people ", REM aurait connu les pires difficultés du monde pour se renouveler. Le destin a quelque peu précipité les événements. Bill Berry, drummer depuis la naissance du groupe a jeté l’éponge. Pas qu’il se soit brouillé avec les autres membres du combo. Que du contraire. Mais victime d’une rupture d’anévrisme en février 1995, il ne se sentait plus apte à supporter le stress des tournées. Plutôt que d’engager un nouveau batteur, le groupe s’est donc décidé à redistribuer les instruments, ou plus exactement à en changer. Buck a donc troqué sa guitare contre une basse, des claviers et une boîte à rythmes. Mills, la basse pour des claviers et la programmation. En outre, pour enregistrer cet elpee, le trio a engagé une poignée de musiciens de studios, parmi lesquels on retrouve Joey Waronker, drummer de Beck, le guitariste Scott McCaughey et le bassiste/vibraphoniste Barrett Martin (Screaming Trees). Reste Stipe, qui se réserve toujours les vocaux, mais s’accompagne tantôt de claviers, parfois d’un peu de guitare. Résultat des courses, l’héritage des Byrds s’est envolé, " Up " évoluant hors du contexte rock pour épouser un format expérimental, hybride d’instrumentation traditionnelle et d’électronique. Rien que l’intro, " Airportman ", dont les échos lointains rappellent " Before & after science " et " Another green world " de Brian Eno, vous donne une petite idée du climat général qui règne tout au long de l’opus. Une œuvre intimiste, jouant sur les oscillations à la fois mélodiques et technologiques de l’instrumentation. Que ce soit les claviers, les boucles rythmiques, le vibraphone, le piano ou les instruments à cordes. D’ailleurs, en filigrane, on retrouve le spectre du krautrock. Et en particulier sur " Hope ", qui emprunte l’" Autobahn " de Kraftwerk pour aboutir dans l’univers de Neu. Beaucoup de douceur et de profondeur, pourtant sur " Up ". A cause de la voix très humaine de Michaël Stipe, bien sûr, et puis de ce feeling omniprésent produit par ces symphonies finement sculptées et doucement complexes…

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