Avec un titre pareil, vous vous doutez bien qu'il s'agit du huitième album d'Eleventh Dream Day, un quartette issu de Chicago, dont l'originalité procède de la présence d'une fille aux drums. Janet Beveridge Bean. Elle chante aussi. D'une voix languissante et chargée de mélancolie, qui rappelle Hope Sadonval (Mazzy Star). Partageant cet exercice avec son mari. Rick Rizzo. Dont le timbre aride et aussi peu optimiste que celui de sa dulcinée, semble naviguer quelque part entre Ian Curtis et Robert Forster. Mais alors que les albums précédents cherchaient l'équilibre parfait entre la country traditionnelle et le garage électrique, cet " Eighth " s'est ouvert de nouvelles perspectives sonores. Pas qu'EDD se désintéresse de l'énergie blanche crazyhorsienne, propice aux accès de feeedback glorieux; d'ailleurs, " Insomnia " constitue dans le domaine, un morceau d'anthologie. Mais de nouvelles perspectives sonores nées de la présence plus marquée des claviers. Comme sur " View from the rim ", par exemple. Des claviers aussi répétitifs et hypnotiques que chez Terry Riley, Faust et par la force des choses, Stereolab. Du recours aux percussions étagées, crimsoniennes, circa Lark's tongue in aspic, sur " Write a letter home ". Et puis d'un climat plus éthéré, qui n'est pas sans évoquer un certain Cowboy Junkies, mais en plus vivifiant. Superbe!

Nederlands
Français 
