Non, " Be here now " n'est pas le meilleur elpee d'Oasis. Mais, comme le souligne si bien la presse insulaire, c'est un foutu bon album. Avec ses forces et ses faiblesses. Ce qui explique pourquoi, à notre humble avis, cet opus a peu de chances de figurer parmi les dix meilleurs de l'année. Une situation qui ne devrait cependant pas compromettre la vente de ce morceau de plastique, et surtout empêcher la formation de Manchester de trôner au faîte des charts pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. De décrocher une belle panoplie de disques de platine, à travers le monde (NDR : à leur échelle, l'or n'est plus que subsidiaire). Plus prosaïquement de se faire un maximum de fric (NDR : les frères Gallagher n'ont jamais caché leurs ambitions : devenir riches et célèbres !) Enfin, et heureusement, de combler leurs fidèles et nombreux aficionados...
Mais entrons dans le vif du sujet. Troisième album, " Be here now " a été enregistré à Londres dans les célèbres studios Abbey Road. Dans ces conditions, comment voulez-vous que l'ombre des Beatles ne plane pas sur cette œuvre ? Auparavant, ces références étaient encore relativement occultées. Ici, elles sont flagrantes. Vous avez, sans doute, déjà eu le loisir d'entendre, mieux d'écouter, le single, " D'you know what I mean ? ". Avec en intro la reproduction du décollage d'un avion, entrecoupé, comme sur le déjà classique " Planet Claire " des B52's, de signaux T.S.F. ; il épouse un profil mélodique fort proche de celui des Stones circa " Gimme shelter ". Mais sans jamais parvenir à en restituer la fascination maléfique. Faut dire qu'en y apportant un feedback réminiscent des Beatles, et d' " I feel fine " en particulier... " Magic pie " aurait pu devenir une très belle chanson, si elle n'avait pas été écrasée par une surproduction, franchement déprimante. Même qu'Oasis aurait pu se dispenser d'en rajouter une couche, en pastichant la cacophonie consommée sur le final de " Good morning good morning "... Encore heureux que les arrangements destinés à enrichir la texture des autres compositions ne soient pas aussi surchargés. On est d'ailleurs totalement rassurés à l'écoute du futur single, " Stand by me ", chanson sentimentale, facilement mémorisable, raffinée par une section de cordes digne d'ELO. Une impression qui s'amplifie au fil des neuf minutes de l'hymne " All around the world ". Pour finalement prendre une ampleur plus somptueuse, plus " philspectorienne " (NDR : Phil Spector était le célèbre producteur qui avait notamment remodelé " Let it be "). Et c'est encore plus manifeste sur " Don't go away " ! Si " I hope, I think, I know " éprouve quelques difficultés à s'extraire de ses clichés et que le lymphatique, légèrement countryfié " The girl in the dirty shirt " passe totalement inaperçu, la suite vaut son pesant de platine (NDR : non, non, pas d'or !). " Fade in out ", par exemple. Tantôt sculptée dans les sonorités semi acoustiques (Fleetwood Mac sous son profil " Albatross " ?), tantôt floydiennes (Meddle ? Dark side of the moon ?), cette superbe composition nous plonge dans un monde étrangement caustique. Tout aussi excellent, le titre maître. Très carré, affrontant avec un réel bonheur le rock pur et dur des seventies, et en particulier celui des Small Faces. Mais notre coup de cœur va aux deux fragments qui dispensent une intensité blanche digne de " Definitely maybe ". Intensité nitroglycérinée par des cordes de guitares vivifiantes, féroces, pétillantes. Sur " It 's getting better ". Et surtout chez " My big mouth ". Traduisez : ma grande gueule. Liam le proclame avec malice! Et le reconnaît avec humour. Encore que lorsqu'on connaît les altercations incessantes qui éclatent entre les deux frangins, cette réflexion aurait tout aussi bien pu concerner Noël...
Evidemment, toutes les considérations émises à l'égard des compositions de ce disque sont à placer sur un même dénominateur commun : la britpop. Propre à Oasis. Hyper mélodique. Unique en son genre, parfois linéaire, mais à la simplicité désarmante...

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