Pour inaugurer son arrivée chez EMI, Roger Nelson nous a gratifiés d'un un triple album. Evidemment, les détracteurs vont probablement imaginer qu'il s'agit de vieilles compositions remises au goût du jour et réunies pour les besoins d'une compilation. Nenni! Il s'agit bien de toutes nouvelles chansons. Trente six pour une durée totale de trois heures. Nous n'irons pas jusqu'à dire que cette générosité frise le remplissage, mais force est de reconnaître que sur ce disque la quantité nuit quelque peu à la qualité. Venons en d'abord au troisième morceau de plastique. Probablement le plus intéressant. Puisqu'il développe une incursion plus que réussie dans la techno. Les deux autres se tournent plus fondamentalement vers plus funk, et même r&b cuivré. Comme par exemple ce " We gets up " plus James Brown que nature. Sans oublier la panoplie de slows troubles, troublants, que nous aurions plutôt vus dans le répertoire d'un Barry White. Mais les compositions qui nous ont le plus bottées, sont bien sûr les plus audacieuses, telles que " Damned if eye I do " taillée dans une pop à la limite du glam, le hit potentiel " Friend, lover, sister, mother/wife ", et puis " Courtin'time " déchiré entre jazz, charleston et boogie. Un regret, mais il est de taille, les interventions beaucoup trop timorées, de l'artiste à la guitare. Sans quoi, les véritables aficionados y verront, sans doute, une volonté de revenir à une simplicité mélodique, de se remettre en question, et surtout d'échapper à des productions incolores, inodores et insipides au sein desquelles il s'enlisait de plus en plus dangereusement depuis quelques années. Ce n'est pas encore " Purple rain ", m'enfin on n’a pas le droit de se plaindre...

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