C'est vrai que nous n'avons pas été tendre avec les Stones, lors de la sortie de leur dernier opus, " Voodoo Lounge ". Soufflant plus le froid que le chaud. Douchant l'enthousiasme que nous avions manifesté pour " Steels Wheels ". Sorti en 1989, déjà, il est vrai. Avec le recul, même les aficionados le connaissent. Nous attendions donc ce " Bridges to Babylon " de pied ferme. Et, si ce n'est pas encore Byzance (NDR : sorry pour le jeu de mot), ce n'est plus Waterloo (NDR : évidemment, pour la photo de la pochette, c'est raté !). Un album solide (NDR : du Rolling Stones quoi !) produit, comme d'habitude serions-nous tenté d'ajouter, par Don Was, et découpé en 14 fragments dont nous vous proposons une brève radiographie. Groove et tempo irrésistible dès l'intro, " Flip the switch ". Normal puisque Jim Keltner est commis aux percussions. Tout comme sur " Too tight ", d'ailleurs. Phrasé de guitare très caractéristique de Richards sur la ballade douce amère " Anybody seen my baby ? ", sorti depuis en single. Riffs fouettés, syncopés pour le classique " Low down " (Start me up ?), assénés par Ronnie Lane. Funk blanc déchiqueté, décapant, aride, enrichi d'envolées d'électricité ‘crazyhorsienne’ avec " Gunface ". Reggae pour " You don't have to mean it ". Rythm 'n blues circa Temptations avec " Out of control ". Sans oublier la ballade countryfiante, " Always suffering ", le r&b blues sordide (Mink Deville ?) de " Thief in the night " et de " How can't stop ". Mais la meilleure composition nous est venue de " Might as well get juiced ". Sorte d'urban rock sauvage, lancinant réminiscent des Stooges, nonobstant cette coloration bluesy apportée par le souffle fiévreux de l'harmonica de Mick ...

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