La première écoute du sixième album d'Aztec Camera ne nous avait pas laissé une très forte impression. Probablement encore sous le coup de la déception du précédent opus, "Dreamland", nous n'avions retenu que le seul et excellent "Phenomenal world", sorti par ailleurs en single. Par déontologie, nous nous sommes quand même forcés à revenir sur le sujet. Et bien nous en a pris, puisque cette oreille plus attentive nous a permis de déceler les richesses profondes de ce "Frestonia"... Roddy Frame possède toujours ce timbre vocal nonchalant, douloureusement translucide, mais il a presque totalement abandonné sa guitare semi-acoustique au profit d'une râpe électrique, et puis surtout d'un piano, voire d'un clavier granuleux. Une instrumentation qu'il tisse subtilement comme un tapis mélodique aux motifs insidieusement orientaux. Nous sommes cependant ici à des années lumière du style postcard, qu'Aztec Camera partageait au tout début des eighties avec Orange Juice ou Haircut 100. Ce qui n'empêche pas Roddy de revisiter, mais d'une manière astucieuse, plus lisse, "Highland", "Knife" et même "Stray". Et en particulier sur "On the avenue", romance ciselée dans la sensibilité cristalline...

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