A l'issue de la première rencontre entre Johnny Marr et Bernard Summer, concrétisée par un elpee éponyme, toute la presse musicale s'était empressée de célébrer la remarquable fusion entre la subtilité électrique des Smiths et les sequencers de New Order. Aussi, il était facile d'imaginer un replay pour ce deuxième opus. Ce qui serait une erreur coupable. Explications. D'abord, Neil Tennant des Pet Shop Boys a cédé sa place à Karl Bartos, claviériste dont la carte de visite mentionne un séjour chez Kraftwerk. Et puis Johnny se montre beaucoup plus discret à la ‘six cordes’. En fait, il n'en joue plus. Ou plus exactement manipule un nouveau modèle de guitare computer. Ce qui donne à la solution une coloration New Order beaucoup plus prononcée. Seul le flair mélodique de Marr apporte une sensibilité différente, davantage propice à l'épanchement de sensations et d'émotions. Un phénomène qui se marque surtout sur "One day" et sur le single "Forbidden city". Pour le reste, cette techno pop est éclaboussée de rythmes astucieusement précis, enrichie d'une foule de détails finement texturés, d'arrangements somptueusement synthétisés. Quant au vocal confident, détaché de Summer il chuchote toujours des lyrics aussi ambigus sur les problèmes existentiels. Un disque dont les dix fragments mériteraient de figurer en single. Et surtout de décrocher des hit-singles. C'est tout le mal qu'on lui souhaite...

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